" Augmenter la limite du REER n'est pas une solution au problème des caisses de retraite ! " - Micheline Dionne, présidente de l'Institut canadien des actuaires

Publié le 14/05/2011 à 00:00

" Augmenter la limite du REER n'est pas une solution au problème des caisses de retraite ! " - Micheline Dionne, présidente de l'Institut canadien des actuaires

Publié le 14/05/2011 à 00:00

Par Dominique Froment

D'où vient la crise des régimes de retraite ?

Du vieillissement de la population, évidemment. Du fait que de plus en plus d'employeurs changent leur régime à prestations déterminées (RPD) pour un régime à cotisation déterminée (RCD), moins généreux. Du fait qu'avec un RCD, les employés gèrent de façon plus prudente et obtiennent des rendements plus faibles que dans le cas des RPD gérés par des professionnels. Finalement, du fait que de moins en moins de travailleurs sont couverts par un régime de retraite d'employeur.

Quelles sont les solutions ?

Il faut éduquer les gens pour les inciter à épargner davantage. On doit créer des régimes hybrides prestations-cotisation qui partageront le risque entre l'employeur et l'employé. Autre possibilité, créer des régimes regroupant plusieurs PME afin d'en simplifier la gestion. Il faut augmenter le maximum de gains assurables par la Régie des rentes du Québec [actuellement de 48 300 $], et commencer à retarder l'âge de la retraite.

Par contre, augmenter la limite du REER n'est pas une solution : au Canada, 94 % des droits de cotisations au REER sont inutilisés ; cette mesure ne favoriserait que les plus riches.

Quelles sont les personnes menacées par la crise des régimes de retraite?

La classe moyenne, soit les personnes dont les revenus se situent entre 30 000 et 75 000 $. Ce sont elles qui courent le plus de risques de ne pas pouvoir maintenir leur niveau de vie une fois à la retraite. Les personnes à plus faibles revenus ne sont pas menacées ; le filet social s'occupera d'elles. Quant aux gens plus riches, ils sont capables de prendre soin d'eux tout seuls.

Conséquence : comme les Canadiens passent de plus en plus de temps à la retraite, ils n'auront pas les revenus suffisants pour subvenir à leurs besoins. Ce sont les plus jeunes, moins nombreux que les baby-boomers, lesquels ont commencé à travailler plus tard, qui devront payer la facture. Les pressions sur le système de santé deviendront énormes. À un moment donné, ça n'aura plus de sens ; on va droit dans le mur si aucune mesure n'est prise.

CV

Nom : Micheline Dionne

Fonction : Première vice-présidente et actuaire en chef

Entreprise : RGA Compagnie de réassurance-vie du Canada

Micheline Dionne est la première femme à occuper la présidence de l'Institut canadien des actuaires.

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