IA: «Montréal encore trop près de la simple recherche universitaire»

Publié le 26/04/2018 à 08:52

IA: «Montréal encore trop près de la simple recherche universitaire»

Publié le 26/04/2018 à 08:52

(Photo: Techstars)

Avec la grappe, la supergrappe, les fonds d’amorçage, les incubateurs, les accélérateurs, les multinationales et les centres de recherche mixtes, on s’attendrait à ce que le développement de l’intelligence artificielle soit chose aisée, à Montréal. Mais il semble que ça prendra un coup de pouce venu de l’extérieur pour sortir l’écosystème entrepreneurial local de ses mauvaises habitudes.


«L’IA à Montréal reste encore trop près de la recherche universitaire. Ça prend des projets prêts pour la commercialisation», explique Bruno Morency, directeur général de Techstars AI, à mi-chemin entre un concours entrepreneurial et un accélérateur de jeunes entreprises.


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Créé conjointement par le fonds américain Techstars et le montréalais Real Ventures, Techstars AI est à la recherche d’une dizaine de projets à financer, épauler et aider. Les intéressés doivent faire vite : les inscriptions ferment à la mi-mai, après quoi M. Morency et ses collègues trieront les propositions et feront une sélection finale. Les élus auront trois mois pour réseauter, pivoter, en un mot, pour mettre leur projet en œuvre. Ils seront aussi appuyés financièrement, à hauteur de 120000$ chacun.


«Le réseau mondial des "diplômés" de Techstars jumelé à celui de Real Ventures donne accès à plus de 1200 mentors et partenaires potentiels. En trois mois, nous offrons une aide au développement qui aurait pris un an à faire normalement», explique le nouveau venu, qui a joint les rangs du fonds créé en 2009 au Colorado il y a trois semaines à peine.


«Pour moi, c’est être payé pour faire quelque chose que je faisais déjà depuis longtemps : aider les entrepreneurs à grandir», résume Bruno Morency, qui fait un peu plus que ça, en fait. Il est aussi à la recherche de mentors et d’entreprises, petites ou grandes, intéressées à joindre les rangs de son programme d’accélération.


«Je fais des démarches pour trouver des projets issus tant du secteur financier que de la médecine, ou du secteur public et gouvernemental. Nous investissons normalement assez tôt dans les projets, alors on se concentre avant tout à trouver les bonnes personnes, plutôt que le bon produit, mais il n’y a pas d’entreprise trop petite ou trop grande pour nous», ajoute-t-il.


Le retour des chatbots


Fintech, martech, medtech…. Les expressions accrocheuses ne manquent pas pour définir les entreprises désireuses de jouer le rôle du chien dans le jeu de quilles que sont des industries traditionnalistes comme la santé, le marketing ou le détail. Mais ce qui semble être un trait dominant des projets en intelligence artificielle observés par les gens de Techstars à Montréal, depuis quelques semaines, rappelle une technologie dont on entendait beaucoup plus parler il y a deux ans qu’aujourd’hui.


«Beaucoup de projets sont liés aux "chatbots", des agents de communication écrite qu’on trouve sur les sites web et qui permettent aux internautes d’interagir naturellement avec l’entreprise sans que celle-ci n’ait à intervenir», résume M. Morency.


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SI la première génération de ces outils de conversation automatisés laissait à désirer, une nouvelle vague de robots conversationnels serait en train d’émerger. Grâce aux bons algorithmes, ces agents aident l’éventuel client à savoir tout ce qu’il faut sur les produits, les services et les prix proposés par une entreprise, avant de le diriger vers le service à la clientèle. Ça accélère la relation avec ce même client, et tout le monde y trouve son compte, semble-t-il.


Naturellement, ça ne signifie pas que les projets choisis par Techstars AI, dont le produit final sera dévoilé à l’occasion du Neural Information Processing Systems Expo 2018 (NIPS), qui aura lieu à Montréal au début du mois de décembre prochain. Après tout, le programme y va pour la diversité.


Mais chose sûre, Techstars IA risque d’aider l’IA montréalaise à franchir une étape de plus de sa croissance, étendant ainsi son rayonnement international, avec quelques technologies qui seront un peu plus près de la véritable mise en marché.


Juste ça, ce sera une grosse victoire pour Montréal.


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À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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