On ne change pas le monde avec des sentiments. Voici des outils

Publié le 18/05/2018 à 15:14

On ne change pas le monde avec des sentiments. Voici des outils

Publié le 18/05/2018 à 15:14

Credit: 123rf

On ne change pas le monde avec de bons sentiments ni avec de l’argent. L'un comme l'autre ne suffisent pas.


Il faut du temps et de la discipline pour comprendre le problème auquel on s’attaque, afin de ne pas tout casser autour de soi avec ses gros sabots ni réinventer la roue ni gaspiller son temps et de précieuses ressources.


Il faut des processus systématiques pour déployer les solutions intelligemment.


Et puis, il faut des indicateurs pour mesurer le chemin parcouru et de l’humilité pour ajuster le tir.


Ces constats se répandent de plus en plus dans le monde de l’impact et de l’innovation sociale. Au Québec, comme à l’international, l’univers se professionnalise.


Au Québec, les individus et les organisations qui veulent apporter des solutions innovantes à des problèmes sociaux et environnementaux ont désormais des outils pour les accompagner. Et ce, que leurs solutions passent par le marché ou pas.


Ce billet vous présente quelques-uns de ces outils.


Le guide pratique sur l'impact


Commençons par le dernier-né, «Le guide pratique sur l’impact», une idée d’André Fortin, conseiller en animation créative et innovation sociale. Lancé le 16 mai dernier, cet ouvrage de 200 pages repose sur l’expertise de 18 collaborateurs. Il est disponible gratuitement en format PDF sur le site creativite33.com. Pour ceux qui préfèrent le format papier, on peut se le procurer pour 15$.


Les chapitres sont conçus pour accompagner les innovateurs sociaux à travers toutes les étapes de leur cheminement… et toutes les périodes de doute.


D’abord, on répond aux grandes questions suivantes : qu’est-ce que l’impact? Comment le mettre à son agenda? Quelles sont les méthodes pour l’évaluer?


Ensuite, on aide à passer aux actes en présentant les six solutions possibles pour ceux qui veulent régler des problèmes sociaux. Celles-ci couvrent un spectre qui inclut de la prestation de biens ou de services au lobbying en passant par le renforcement des capacités.


On invite aussi les innovateurs sociaux à réfléchir à la culture organisationnelle de leur organisation et à leur clarté stratégique. «C’est une question de cohérence, explique André Fortin. Tes pratiques doivent être cohérentes avec ton discours. Tu ne peux pas prôner le changement social à l’externe et entretenir un mode de gestion interne dictatorial, par exemple.»


Il est aussi question de design thinking, cette pratique qui consiste à développer sa solution en incluant les utilisateurs dans le processus. Et ce, pour éviter de dire, après coup, « Pourtant, on pensait bien connaître nos usagers… »


Un chapitre est consacré au storytelling. « Les innovateurs sociaux doivent absolument maîtriser l'art du storytelling, insiste André Fortin. De plus en plus, les bailleurs de fonds ne demandent plus de rapports. Ils veulent que les porteurs de projets bâtissent une histoire autour de leur mission et de leurs réalisations. Ils veulent qu’on leur raconte à quoi sert leur financement. »


Parlant d’argent, un chapitre est consacré à l’investissement d’impact, qui conjugue rendement financier et rendement social. Un outil financier qui sied aux projets d’innovation sociale.


La plateforme Tangram de la Maison de l'innovation sociale


Allons-y d’un deuxième outil : le site Tangram (tangram.mis.quebec) développé par la Maison de l’innovation sociale (MIS). Le méta but de cette plateforme est de connecter les projets d’innovation sociale aux ressources qui veulent s’impliquer pour transformer ces projets en réalité.


Pour l’instant, Tangram propose des formations, des coachs, une liste d’espaces de travail, des incubateurs, des sources de financement et une liste de concours. «L’écosystème d’innovation sociale est fragmenté, constate Hugo Steben, directeur de l’entrepreneuriat social à la MIS. Les nouveaux joueurs émergent avec difficulté. L’offre et la demande ne sont pas arrimées. Les innovateurs sociaux peinent à attirer des occasions d’affaires et des ressources d’aides. Les organismes de soutien éprouvent des difficultés à trouver des clients.» Il poursuit, «En cartographiant ce qui existe, nous pourrons identifier ce qui manque.»


Dans les cartons, à l’automne 2018 la MIS prévoit ajouter une capacité de mise en relation des acteurs. Et, à la fin 2018, un parcours de formation simplifié pour les grandes étapes de l’innovation sociale, de la définition de la problématique à l’implantation de la solution.


Enfin le site de Territoires innovants en économie sociale et solidaire (TIESS, tiess.ca), propose des fiches synthèses sur différents thèmes comme L’analyse cycle de vie, la théorie du changement et la certification B Corp.


Plus tôt ce printemps, je vous ai parlé de la boîte à outils pour devenir une entreprise à impact développée par Credo.


Voilà, c’était un survol d’outils à votre disposition pour vous sentir moins seul et seule dans votre démarche vers une société plus juste, plus équitable et plus inclusive où la valeur créée est répartie et non captée. Et surtout, pour éviter de vous épuiser, et de perdre votre crédibilité, en démarches qui n’aboutissent pas à des résultats utiles.


 


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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