Ce que révèle la chute de Dollarama, Transcontinental et Transat

Publié le 15/09/2018 à 17:16

Ce que révèle la chute de Dollarama, Transcontinental et Transat

Publié le 15/09/2018 à 17:16

Le dixième anniversaire de la faillite du courtier Lehman Brothers multiplie les pronostics sur la prochaine crise, son déclencheur ou sa date.


2020 semble l’année de tous les dangers si l’on se fie aux stratèges de JP Morgan Chase & Co., de Goldman Sachs ou de Ray Dalio, fondateur du gestionnaire Breakwater Associates ou Dr. Doom Nouriel Roubini et j'en passe.


Une récession est certainement possible à ce moment-là, étant donné la moyenne des cycles économiques et le signal précurseur qu’envoie le rapprochement actuel entre les taux à court et à long terme.


Une détérioration marquée des conflits commerciaux pourrait aussi affaiblir l’économie mondiale tout en faisant monter les prix, un cocktail peu digeste pour la Bourse.


À en croire ce consensus donc, les investisseurs peuvent s’attendre à ce que la Bourse américaine donne encore 12 à 18 mois de rendements, après quoi il faut se préparer au pire.


Ce genre de prévision a une valeur douteuse, on le sait tous. On n’a qu’à penser à la hausse de 44% du S&P 500 depuis la première hausse du taux directeur américain et de 39% depuis l’élection de Donald Trump alors que les prédictions de massacre étaient nombreuses.


L’optimiste Ed Yardeni, économiste et fondateur de sa propre firme de recherche, aime rappeler qu’un marché haussier ne meure ni de vieillesse ni d’un excès d’évaluation.


«Les cours ne sont plus à des niveaux d’aubaine bien sûr, mais ce sont les récessions qui tuent les marchés haussiers, pas les évaluations», écrit-il dans l’un de ses récents bulletins quotidiens.


Or, il n’en voit pas une à l’horizon. Au contraire, l’économie américaine est vigoureuse.



« Trop d’observateurs cherchent les premiers signes avant-coureurs de la prochaine récession pour qu'elle soit imminente.  »


La dette: un autre épouvantail


L’énorme dette américaine revient sous les projecteurs des risques au moment où les républicains veulent prolonger la baisse des impôts des particuliers, ce qui ajouterait aux déficits de Washington.


Les annales boursières ne montrent pourtant aucun lien entre la dette américaine et les rendements boursiers subséquents, a vérifié Charles Bilello directeur de la recherche de Pension Partners.


Le S&P 500 s’est apprécié de 300% depuis 10 ans, une période pendant laquelle la dette a plus que doublé.


Même constat à plus long terme. Le S&P 500 s’est apprécié de 10% par année depuis 1966, alors que la dette nationale s’est accrue de 8,3% par année.


Le risque de contagion de la chute des devises des marchés émergents énerve aussi bien des financiers, ajoute M. Yardeni, mais la bonne tenue des banques américaines à ce jour en 2018 ne montre pas de signe de stress dans le système financier américain.


Trois Québécois, trois raclées


C’est bien beau mais pourquoi titrer ce blogue avec les titres de Dollarama (DOL, 41,65 $), Transcontinental (TCL, 23,98$) et Transat A.T. (TRZ.A, 8,25$), vous-dites-vous?


Parce que le plongeon récents de 23%, de 25% et de 11% de leurs cours respectivement, n’est pas le genre de raclée que l’on observe aux sommets boursiers.


On est loin de l’euphorie ou de la complaisance quand des investisseurs punissent aussi sévèrement des entreprises pour des résultats trimestriels ratés.


Même Michael Hartnett, stratège en chef de Bank of America Merrill Lynch, reconnaît que le niveau de 3,6 de l’indicateur Bull-Bear reflète plus de peur que d’appétit pour le risque, ce qui confère en soit un certain potentiel au marché.


Cet indicateur à contre-courant avait atteint 8,6 au sommet boursier de fin janvier, déclenchant alors un signal de danger.


Si le prochain sondage de Bank of America Merrill Lynch, attendu le 18 septembre, montrait que les gestionnaires de portefeuille ont relevé leur niveau d’encaisse au-delà de la proportion de 5% du mois d’août, ce serait un signe favorable pour d’autres gains potentiels en Bourse.


Laissons le mot de la fin à Robert Shiller, l’auteur du best-seller Exubérance irrationnelle sur le phénomène des bulles.


«Le marché est cher, mais il pourrait le devenir encore plus. La Bourse pourrait grimper davantage avant de flancher. C’est un marché risqué», a-t-il évoqué en entrevue à Bloomberg.


Le multiple des bénéfices ajustés CAPE-Shiller est très élevé, à 33 fois, mais il avait atteint la marque de 44 fois, avant l’implosion de la bulle techno en 2000, a-t-il rappelé.


 

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
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