La fois où René a osé contredire Céline...

Publié le 01/07/2017 à 11:18

La fois où René a osé contredire Céline...

Publié le 01/07/2017 à 11:18

Céline Dion et René Angélil... Photo: DR

Pourquoi certaines personnes voient des opportunités là où d’autres n’y voient que du feu ? Percevons-nous tous les mêmes signaux ? Comment développer des capacités pour saisir les opportunités ? Les occasions de réussir ne manquent pas, pourtant il faut savoir saisir les opportunités quand on le peut. Pour répondre à ces questions, laissez-moi vous raconter l’incroyable histoire du méga-succès planétaire : la chanson My heart will go on...


D’après la biographie, René Angélil : le maitre du jeu, de Georges-Hébert Germain, la chanson thème du film Titanic n’aurait jamais vu le jour sans le flair de René Angélil. M. Germain nous raconte que René « sentait qu’il y avait là les ingrédients d’un succès populaire ». Dans les faits, lorsque la chanson lui a été présentée par son auteur, James Hormer, personne n’en voulait. Le réalisateur du film, James Cameron, ne souhaitait pas intégrer de chanson thème. Chez Sony, la maison de production de Céline, on croyait que le film serait un « flop ». Céline trouvait la chanson ennuyante, elle n’en voulait pas… Bref, c’est envers et contre tous que René a contraint Céline à enregistrer tout de même un démo qu’il envoya ensuite à James Cameron.


Il est important ici de comprendre qu’il est rare pour une star de renommée mondiale comme Céline de proposer une maquette à un réalisateur de film. Habituellement, c’est l’inverse. Pour convaincre Céline, René a rappelé que Marlon Brando, l'un des plus grands et plus influents acteurs américains du XXe siècle, avait décroché son fameux rôle de parrain en envoyant lui-même un vidéo au réalisateur du film, Francis Ford Coppola. Un peu plus d’un an après sa sortie, My heart will go on est devenue la chanson la plus écoutée de notre époque, en plus de remporter l’Oscar de la meilleure chanson!


On dit souvent qu’il est important de saisir les opportunités, mais cela est parfois insuffisant. Cette histoire nous montre qu’il faut les créer !


Le parcours de René Angélil, et l’homme qu’il était, continue aujourd’hui de m’inspirer. Plus complexe qu’il n’y paraissait, Angélil a fait preuve d’un leadership exceptionnel en misant sur une occasion stratégique unique dans le monde du show-business. Son talent de négociateur, la planification de la carrière de sa protégée et sa patience dans chacune des étapes de la mise en œuvre de son plan d’affaires sont des modèles de gestion dont les entreprises devraient s’inspirer. René a démontré à tous les Québécois «qu’on peut être les meilleurs partout sur la planète». Grâce à son esprit d’ouverture et à son écoute, il a su analyser la situation afin de créer lui-même ses opportunités.


Tout comme les artistes du show-business, les dirigeants d’entreprise ne commencent pas de projet sans établir une vision claire de leurs objectifs. Il est important de prendre conscience des habiletés, des envies et des motivations des personnes qui nous entourent afin d'envisager un maximum d’opportunités.


Toutefois, savoir anticiper, saisir ou provoquer les opportunités repose sur un état d'esprit, des comportements et des capacités d'ordre cognitif. Contrairement au mythe du génie créatif, tout le monde est capable de reconnaître les opportunités. Ce qu’il manque parfois à certains, c’est d’oser créer l’opportunité. Combien d’opportunités avons-nous manquées (je m’inclus là-dedans !) par peur de se faire dire non? Si René Angélil et Marlon Brando n’ont pas eu peur de créer leurs opportunités, alors pourquoi pas nous ? Nous pouvons, nous aussi, les créer et oser l’impossible.


Pour cela, il faut changer d’état d’esprit et transformer ses peurs en nouvelles opportunités. Un dirigeant devient leader en fonction des opportunités et des circonstances qu’il crée pour son équipe. Cela implique, pour les organisations, de provoquer une révolution culturelle, de laisser de l’espace pour les nouvelles idées et de faire croître les talents.


En conclusion, l'incertitude est devenue une donnée fondamentale à ne pas négliger dans sa stratégie d'entreprise. Le gestionnaire d’aujourd’hui doit être en mesure d’anticiper les changements et oser pousser ses idées en faisant l’effort nécessaire pour qu’elles puissent voir le jour. Il s’agit donc de créer les opportunités là où les autres n’en voient pas toujours. René Angélil l’avait bien compris. Et, vous ?

À propos de ce blogue

Éric Paquette est Président-cofondateur de l'Institut de leadership en gestion (www.institutleadership.ca), une école de formation de haut niveau destinée aux gestionnaires québécois où plusieurs personnalités de renom viennent partager leur expérience. «S'inspirer pour mieux gérer» est un blogue qui présente des cas vécus et en fait sortir un principe ou un modèle s'appliquant à d'autres situations en contexte de gestion.

Éric Paquette

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