La Société québécoise du cannabis prévoit 100 à 150 succursales

Publié le 11/10/2018 à 15:59

La Société québécoise du cannabis prévoit 100 à 150 succursales

Publié le 11/10/2018 à 15:59

Le 17 octobre, jour de la légalisation du cannabis, la Société québécoise du cannabis (SQDC) s’attend à beaucoup d’affluence dans les 12 succursales qui ouvriront ce jour-là. « Il y aura peut-être des files d’attente comme on en voit à la sortie d’un nouveau modèle de iPhone », a supputé Jean-François Bergeron, vice-président Technologies de l’information, lors de la Conférence Marché du cannabis, présentée par les Événements Les Affaires le 10 octobre dernier.


Montréal (3 succursales), Québec (2), Mascouche, Lévis, Rimouski, Saint-Jean, Drummondville, Mirabel et Trois-Rivières seront les premières villes où il sera possible de se procurer du cannabis récréatif en toute légalité. Même si rien ne l’y obligeait, la SQDC a tenu à obtenir l’assentiment des municipalités en plus de les consulter sur le choix des sites. « Certaines villes n’étaient pas prêtes à accueillir une succursale au démarrage, mais ce n’est pas grave, a dit Jean-François Bergeron. Il y aura d’autres vagues d’ouverture de magasins. »


D’ici la fin de 2018, la SQDC comptera 20 succursales et après sa première année d’opération, 50. À terme, elle en aura 100 à 150.


Cachez ces produits…


La nouvelle société d’État a la délicate mission de vendre du cannabis sans en faire la promotion. Par conséquent, la marchandise ne sera pas visible de l’extérieur. On verra plutôt l’espace où les clients seront accueillis et où se fera la validation de l’âge légal. « Tous ceux qui ont l’air d’avoir 30 ans et moins se feront demander leur carte », a précisé Jean-François Bergeron.


Dans l’aire de vente, les produits seront visibles, mais non-accessibles. Il ne sera donc pas possible de se servir soi-même. Et il n’y aura ni programme de loyauté ni rabais. Quant à son magasin en ligne, la SQDC estime qu’il pourrait générer 30 % des ventes. « En comparaison, la SAQ fait seulement 1 % de ses ventes en ligne », a souligné le conférencier.


Battre le marché noir


Les prix de la SQDC seront compétitifs, selon Jean-François Bergeron. « Les producteurs disent tous que la qualité de leur cannabis est suprême. Mais c’est du “value” que je veux. Il en faut pour battre le marché noir en matière de prix ! On vendra nos produits en moyenne 7 $ le gramme, taxes incluses. Et il y en aura autour de 6 $. »


Avis aux intéressés : la SQDC lancera un appel d’offres dans les prochains mois pour trouver d’autres fournisseurs de cannabis. « Même si on a des ententes d’approvisionnement avec six entreprises, il y a encore de la place », a assuré Jean-François Bergeron. Il a même lancé l’idée que les petits producteurs se regroupent en coopérative.


Par ailleurs, Santé Canada a profité de sa présence à la Conférence pour annoncer le lancement d’un portail dédié au cannabis, le 17 octobre. Désormais, les demandes de licences pour la production, la transformation et la vente de cannabis récréatif ou médical pourront se faire en ligne. Même chose pour les habilitations de sécurité des dirigeants, des administrateurs et des employés clés des entreprises du secteur.


Promotion : plus de surveillance


Toujours le 17 octobre, le cadre réglementaire sur la promotion du cannabis deviendra encore plus restrictif. En résumé, presque toute promotion sera interdite. « En cas d’infraction, une pénalité allant jusqu’à un million de dollars pourrait être appliquée », a indiqué Corinne Guénette, directrice Promotion des politiques en matière de conformité chez Santé Canada.


« En ce moment, on voit plein de comportements non conformes, car les entreprises du secteur essaient de positionner leur image de marque, a-t-elle poursuivi. Mais à compter du 17 octobre, on va se pencher là-dessus. On a constitué une équipe dédiée à la surveillance qui comprend des gens spécialisés dans les enquêtes sur le Web. »


Le monde est stone


Faudra-t-il remplacer le titre de la célèbre chanson écrite par Luc Plamondon par « Les employés sont stones » ? Sûrement pas, mais les employeurs doivent tout de même faire leurs devoirs. Marianne Plamondon, avocate et associée chez Langlois Avocats, est venue rappeler l’importance de se doter de mesures encadrant la consommation de cannabis.


Il faut notamment déterminer les postes critiques pour la sécurité, puis fixer des paramètres à respecter. Air Canada, par exemple, a interdit en tout temps la consommation de cannabis pour certaines catégories d’employés. Il faudra voir si cela passera le test des tribunaux. « En jurisprudence, on parle plutôt de 24 heures avant le début du quart de travail », a indiqué l’avocate.


Evènements Les Affaires


Marianne Plamondon a suggéré aux employeurs d’adopter une politique obligeant les employés des postes à risque à divulguer leurs dépendances. En 2017, une décision de la Cour suprême a confirmé la pertinence d’une telle politique. Un employé congédié après un accident de travail alors qu’il était intoxiqué alléguait qu’il avait été discriminé en raison de son handicap, la dépendance à la cocaïne. La Cour a statué que le motif du congédiement n’était pas la dépendance, mais la violation de la politique de son employeur. Il n’y avait donc pas eu de discrimination.


Une autre bonne pratique : adopter une politique tolérance zéro en matière de cannabis au travail. « Et pas seulement pour ceux qui ont des emplois à risque pour la sécurité, mais pour tout le personnel, y compris les employés de bureau, a dit Me Plamondon. Après tout, les entreprises paient leurs employés pour une pleine prestation de travail. »


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Chaque semaine, nous discutons avec certains des gestionnaires qui ont accepté d’être conférenciers à nos événements, afin de vous présenter des idées concrètes pour vous aider dans votre réflexion et répondre à vos préoccupations d'affaires.