(TI) - (filles) = pénurie

Offert par Les Affaires


Édition du 29 Septembre 2018

(TI) - (filles) = pénurie

Offert par Les Affaires


Édition du 29 Septembre 2018

[Photo: 123RF]

Nous vous présentons cette semaine un numéro spécial sur la pénurie de main-d’oeuvre. Oui, je sais, ça fait grincer des dents. Mais nous le faisons non pas pour qu’on se lamente sur la gravité de la situation, mais plutôt sous l’angle des solutions. On est d’même !


Aux issues à la crise détaillées dans ce numéro, s’en ajoute une autre, discrète mais essentielle, celle de la main-d’oeuvre féminine.


J’ai réalisé à quel point les femmes font partie de la solution en écoutant Yannis Mallat, PDG des studios d’Ubisoft au Canada, lors d’une conférence organisée par l’Association des diplômés de Polytechnique, le 18 septembre. «Au rythme actuel, les femmes n’occuperont que 3% des emplois en informatique aux États-Unis en 2020» et on peut s’attendre à un portrait semblable chez nous, a-t-il rappelé, citant des statistiques de l’organisme Girls Who Code.


Et si les filles ne s’intéressent pas aux STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), Yannis Mallat, comme ses confrères et ses concurrents de la florissante industrie des jeux vidéos, ne parviendra pas à répondre à l’appétit des gamers. Rien qu’à Montréal, il y a actuellement plus de 150 postes à pourvoir chez Ubisoft. Actuellement, les femmes comptent pour 16% d’un effectif total de 3500 employés à Montréal et le PDG compte faire passer ce taux à 22% dans les prochaines années.


L’entreprise va allumer la flamme des développeurs, les filles comme les garçons, tandis qu’ils sont encore à l’école. «La collaboration doit être à l’agenda de toutes les entreprises et universités québécoises, a plaidé Yannis Mallat. Les besoins sont vastes et il existe bien des façons de s’investir et de faire une différence.» Ubisoft a poussé la note jusqu’à co-créer la nouvelle option Intelligence artificielle en divertissement numérique interactif offerte avec la maîtrise en Génie informatique de Polytechnique. Cette nouvelle «maitrise en jeux vidéos» a été lancé le mois dernier et les premiers diplômés sortiront à l’hiver 2020. Patience...


D’ici là, les recruteurs devront se retrousser les manches. Dans le secteur TI comme dans la plupart des autres domaines. On voit de plus en plus d’entreprises s’équiper d’escouades RH spécialisées en recrutement. Le rôle même de recruteur s’affirme. Début septembre naissait d’ailleurs Les sources humaines, qui se présente comme «la première école du recrutement». «Nous voulons professionnaliser le métier de recruteur, dans un esprit de communauté», m’a expliqué sa présidente et cofondatrice, Sandrine Théard. Dans cet esprit, le site de la nouvelle entreprise comporte un babillard. Et devinez quoi ? On y recrute... des recruteurs !


Julie Cailliau
Éditrice adjointe et rédactrice en chef, Groupe Les Affaires
julie.cailliau@tc.tc

À propos de ce blogue

Julie Cailliau est éditrice adjointe et rédactrice en chef du Groupe Les Affaires, dont l’équipe de journalistes chevronnés publie le journal Les Affaires, le site lesaffaires.com et le magazine Les Affaires Plus. Elle est également présidente du conseil d’administration de la Fondation des prix pour les médias canadiens. Diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille, en France, Julie a pratiqué le métier de journaliste au sein de plusieurs publications françaises et québécoises. Dans une vie précédente, elle a œuvré à titre d’ingénieure en biotechnologies. Son « why », c’est d’apprendre et d’informer afin de nous permettre de faire les bons choix. La prise de conscience de l’urgence environnementale et l’émergence de l’entrepreneuriat social comptent pour elle parmi les tendances les plus réjouissantes actuellement.

Julie Cailliau

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