Faire de la mondialisation son credo

Publié le 20/11/2018 à 11:00

Faire de la mondialisation son credo

Publié le 20/11/2018 à 11:00

Le président du service mondial de banque d’affaires de la Deutsche Bank, Mark Hantho. (Photo: courtoisie)

BLOGUE INVITÉ. La mondialisation: voilà le maître-mot de Mark Hantho, président du service mondial de banque d’affaires de la Deutsche Bank. Et sur cet échiquier mondial se positionnent à ses yeux non pas des concurrents, mais bien des partenaires économiques.


Selon lui, la meilleure façon de tuer dans l’œuf les échanges commerciaux et les bonnes idées est de considérer la Chine comme un concurrent. 


La mondialisation est une évidence depuis toujours pour Mark Hantho. 


Cette vision du monde s’est offerte à lui lorsque son père a décroché un emploi dans le nord de l’Angleterre. L'Ouest-de-l’Île de Montréal avait vu naître et grandir Mark Hantho, mais la famille allait désormais partager sa vie entre Middlesborough et le Québec.


«Cette aventure anglaise m’a fait prendre conscience que nous vivions dans un monde sans frontières et que rien ne nous empêchait de partir à sa découverte. Avec mes parents, nous avons compris cela très jeunes.» 


Des années plus tard, diplôme en gestion de l’Université McGill en main et aspirant à une carrière en finances, il a entrepris une formation à la Banque Royale du Canada. C’est après l’obtention de son MBA, en Suisse, que sa carrière internationale a pris son envol.


Aujourd’hui, Mark Hantho est présent dans tous les centres financiers du monde, dont Hong Kong, Londres et New York (son port d’attache). Ce champ d’action multinational suppose un effort d’adaptation : il doit tenir compte des particularités culturelles de la place d’affaires où il se trouve. Il a ainsi constaté qu’en Asie, le milieu des affaires aime que les choses soient menées rondement, si bien qu’à Hong Kong, il prend ses décisions rapidement.


«Auparavant, le patron prenait toutes les décisions. Si une proposition lui convenait, une poignée de main scellait l’affaire, et c’était réglé», se remémore-t-il. «Alors qu’aux États Unis ou au Canada, on discutait à n’en plus finir, scrutant diverses analyses de rentabilité et multipliant les compromis.»


Par ses fonctions, Mark Hantho doit travailler dans une perspective internationale, mais il estime que tout cadre doit adopter cette vision des choses, même si sa sphère d’action est nationale.


«Selon moi, aucune entreprise sur la planète ne peut tirer son épingle du jeu concurrentiel sans comprendre la mondialité, tant du point de vue de la concurrence que de celui des possibilités d’affaires.» 


La Deutsche Bank a commencé à financer des transactions commerciales au XIXe siècle. Ayant essaimé très tôt dans son histoire en Amérique et en Asie, «elle est mondiale jusque dans son ADN. Elle ne peut pas être confinée dans un cadre national.» 


Les choses changent dans le monde de la finance, et «le pays où cette évolution est la plus rapide, souligne le dirigeant, et peut-être celui qui peut en apprendre le plus aux Nord Américains, est la Chine.» 


À ce propos, il évoque une tournée de présentation à laquelle il assistait avec une société très en vue. «Les investisseurs dans la salle demandaient quand les cartes de crédit allaient faire leur entrée en Chine. Or, la Chine est passée à autre chose depuis belle lurette, fait-il observer. En Chine, les cartes de crédit sont inexistantes: la plupart des Chinois paient par débit direct avec leur téléphone. Et cette technologie fait son entrée chez nous.» 


Enfin, poursuit Mark Hantho, nous devons traiter la Chine non pas comme un concurrent, mais bien comme un partenaire économique.


«Si nous considérons la Chine comme un concurrent, nous allons ériger des barrières commerciales, et nous finirons par nuire au foisonnement des idées. (Si nous y voyons un partenaire,) nous serons témoins de l’envol d’une économie. C’est tellement plus formateur que de rester sur son quant-à-soi.»


Lien vers le podcast (en anglais seulement)


Le présent article est une transcription condensée et modifiée d’une entrevue animée par Karl Moore, professeur agrégé à l’Université McGill, dans le cadre de l’émission The CEO Series, présentée sur les ondes de CJAD 800. L’article a été rédigé en anglais en collaboration avec Emily Quadros, étudiante au baccalauréat en commerce à McGill, et traduit vers le français par Josée Forest, traductrice-réviseure. L’entrevue intégrale est disponible en baladodiffusion Apple.

À propos de ce blogue

Chaque semaine, Karl Moore, professeur agrégé à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, s’entretient avec des dirigeants d’entreprise de calibre mondiale au sujet de leur parcours, les dernières tendances dans le monde des affaires et l’équilibre travail-famille, notamment.

Karl Moore