Le combat du doyen de la Faculté de médecine de l'Université Harvard contre l'intimidation

Publié le 18/12/2018 à 10:37

Le combat du doyen de la Faculté de médecine de l'Université Harvard contre l'intimidation

Publié le 18/12/2018 à 10:37

George Daley, doyen de la Faculté de médecine de l’Université Harvard.

George Daley, doyen de la Faculté de médecine de l’Université Harvard. (Photo: Stephanie Mitchell)

BLOGUE INVITÉ. On pourrait dire que la médecine est inscrite dans l’ADN de George Daley. 


«Mon grand-père, que je n’ai pourtant pas vraiment connu, a probablement été la personne la plus influente dans ma vie. Médecin dans une petite ville, il utilisait une carriole tirée par des chevaux pour faire ses visites à domicile pendant l’hiver.»


Vers la fin de son baccalauréat, pendant lequel il a étudié les araignées et d’autres phénomènes biologiques, le Dr Daley a eu la même envie que tous les médecins: apaiser les souffrances. 


Depuis qu’il a accepté le poste de doyen de la Faculté de médecine de l’Université Harvard, en 2017, le Dr Daley se fait un point d’honneur de transmettre aux étudiants des leçons de morale en même temps que les leçons pratiques. 


«À Harvard, nous sommes très privilégiés d’attirer les étudiants les plus remarquables, qui arrivent avec une envie d’innover, mais aussi de servir. Ces étudiants ont tout ce qu’il faut pour travailler à Wall Street ou en finances, et pourtant, ils choisissent de venir vers nous.» 


Toutefois, les étudiants de la Faculté de médecine de Harvard ne sont pas à l’abri de l’anxiété qu’éprouvent les étudiants de cette génération et qui inquiète particulièrement le Dr Daley. Sous sa gouverne, la faculté se penche sérieusement sur le milieu d’apprentissage et les services de soutien dont les étudiants ont besoin. 


«La pression est forte dans le milieu de la médecine. Nous voulons tout connaître et offrir un service optimal à nos patients. Et au moindre sentiment de faiblesse, nous avons l’impression que nous ne pourrons pas aider nos patients.»


Le Dr Daley veut éliminer l’intimidation que les étudiants subissent pendant leur formation médicale. Pour que l’apprentissage soit efficace et l’enseignement pertinent, il faut encourager les étudiants, et les médecins d’expérience, à reconnaître leurs lacunes dans un contexte où ils se sentiront à l’aise de le faire. Nous pourrons ainsi évoluer dans une faculté sereine et dévouée, où les médecins sont motivés à soigner avec compassion.


Besoin d'améliorer la communication


Pour arriver à ce résultat, il faut améliorer la communication entre les administrateurs, les professeurs, les étudiants, les médecins et les patients. Contrairement à bon nombre de ses collègues, le Dr Daley affirme qu’Internet peut jouer un rôle positif en ce sens. 


«Grâce à Internet, nos patients sont beaucoup plus informés, ce qui pousse les médecins à s’informer davantage également. C’est bien que les patients aient en main des renseignements sur les essais cliniques les plus récents et les plus importants. La communication entre le médecin et le patient est d’autant plus efficace et donne de meilleurs résultats.»


Grâce à Internet, nos patients sont beaucoup plus informés, ce qui pousse les médecins à s’informer davantage également.


La technologie est d’une grande aide en recherche et développement, mais pour le Dr Daley, «le cerveau humain est le plus puissant intégrateur d’information». Par exemple, les algorithmes médicaux et les robots chirurgicaux ont encore besoin des compétences humaines en anatomie. 


«Les relations interpersonnelles sont toujours essentielles. Je crois que les meilleurs cliniciens sont aussi ceux qui ont la meilleure capacité d’écoute. Les meilleurs diagnosticiens arrivent à détecter chez leur patient d’infimes indices qui, à leur avis, ne sont pas perceptibles par un ordinateur, aussi puissant soit-il.» 


En quittant son laboratoire pour assumer le rôle de doyen, le Dr Daley a découvert de nombreuses façons d’exprimer son opinion, lui qui est plutôt réservé. Dans sa vie personnelle et professionnelle, il peut compter sur son épouse Amy Edmonson, professeure titulaire de la chaire Novartis en leadership et en gestion à l’École de gestion de l’Université Harvard, dont il dit affectueusement qu’elle est la plus intelligente du couple. Il reste à l’écoute de ses enfants, de ses étudiants et de ses patients, qui lui donnent tous des occasions d’interagir avec les autres.


«Rien n’est plus excitant que mettre au point des expériences et trouver quelque chose qui était jusqu’alors inconnu de tous. Utiliser ensuite cette nouvelle connaissance pour tenter de résoudre un problème qui touche les humains, comme découvrir l’origine de la leucémie, c’est extrêmement gratifiant. Apprendre est véritablement une grande passion pour moi.»


Lien vers le podcast (en anglais seulement)


Le présent article est une transcription condensée et modifiée d’une entrevue animée par Karl Moore, professeur agrégé à l’Université McGill, dans le cadre de l’émission The CEO Series, présentée sur les ondes de CJAD. L’article a été rédigé en anglais en collaboration avec Quinn Halman, étudiant au baccalauréat à l’Université McGill, et traduit vers le français par Elaine Doiron, traductrice. L’entrevue intégrale est disponible en baladodiffusion Apple.


 

À propos de ce blogue

Chaque semaine, Karl Moore, professeur agrégé à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, s’entretient avec des dirigeants d’entreprise de calibre mondiale au sujet de leur parcours, les dernières tendances dans le monde des affaires et l’équilibre travail-famille, notamment.

Karl Moore