Ces entreprises que nous aimons détester: le cas Walmart

Publié le 05/04/2018 à 14:08

Ces entreprises que nous aimons détester: le cas Walmart

Publié le 05/04/2018 à 14:08

(Photo: 123rf.com)

BLOGUE INVITÉ. Comme pas mal tout le monde qui en a entendu parler, j'ai été très déçu la semaine dernière de voir une entreprise aussi puissante et influente que Walmart agir de façon aussi cavalière envers ses employés, qu'ils fassent partie d'un programme d'inclusion ou non.


Sans préavis, l'entreprise a choisi de mettre fin abruptement à son programme permettant à des dizaines d'employés atteints de déficience intellectuelle. Elle a ainsi mis à la porte une cinquantaine employés pour qui cet emploi représentait beaucoup plus qu'un revenu, mais une manière de vivre une vie «normale».


Depuis mon plus jeune âge, je suis particulièrement bouleversé quand je vois des injustices de la sorte. En voyant ce reportage au téléjournal, j'ai ressenti, comme beaucoup d'entre vous, un sentiment de rage et de colère m'envahir.


Comment une entreprise ayant fait en 2017 plus de 485 milliards $US (oui, milliards) et plusieurs milliards de profits peut-elle agir de la sorte? Attention, je ne propose pas ici de dicter à une entreprise privée ce qu'elle doit ou ne doit pas faire, cependant, je m'attends d'une entreprise, peu importe sa taille, d'un certain «savoir-vivre corporatif». 


Après tout, les mêmes entreprises qui agissent en victimes lorsqu'elles sont critiquées sont les premières à se tirer dans le pied. On se rappelle tous du scandale concernant la rémunération des dirigeants de Bombardier, de l'incroyable et ridicule hausse de plus de 500% du prix du médicament Epipen ou dernièrement de la méchante Facebook qui «vend» nos données personnelles ou influence littéralement, à son insu, les dernières élections présidentielles américaines!


Autant certaines entreprises sont les chouchous du public, autant on aime détester certaines d'entre elles. 


J'aborde souvent le sujet de ce que j'appelle l'entreprise humaine. Une entreprise qui a bien sûr le droit de s'épanouir économiquement, mais qui a aussi la responsabilité d'être un acteur social de changement.


En agissant de la sorte, Walmart a brisé ce qui est le plus important entre une entreprise et le client: le lien de confiance. Les mutiples réactions ne se sont pas fait attendre et l'entreprise s'est rapidement retrouvée en gestion de crise. 


Je ne réitèrerai jamais assez l'importance, en tant qu'entrepreneur, de ne pas prendre de décision sans en évaluer les conséquences. Bien sûr, je comprends que dans l'action, certains détails peuvent sembler anodins. Cependant, pour une entreprise de cette envergure, il n'aurait fallu qu'une toute petite minute de réflexion aux décideurs de Walmart pour réaliser que cette décision ne passerait tout simplement pas… surtout pas en plein mois de l'autisme! 


Malgré le fait que je comprenne les réactions colériques de certains, je crois qu'il faille plutôt voir cette mauvaise décision comme l'occasion unique de démystifier la déficience intellectuelle. Sujet tabou, jamais nous n'en aurions autant parlé ces deux dernières semaines n'eût été de la décision de Walmart.


Plutôt que de boycotter la société ou d'écrire des messages de haine sur les réseaux sociaux, la porte est grande ouverte pour militer afin de faire comprendre aux grands joueurs du monde des affaires qu'il font plus que simplement vendre un objet ou un service, mais qu'ils ont aussi des responsabilités sociales. 


Comme tout dirigeant ou meneur, que ce soit dans le sport, en politique ou en affaires, nous nous attendons à un comportement exemplaire de leur part. Ce n'est pas un fardeau que l'on impose, mais bien la responsabilité d'un leader!


 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois