Comment innover dans une vieille industrie?

Publié le 06/11/2018 à 14:02

Comment innover dans une vieille industrie?

Publié le 06/11/2018 à 14:02

(Photo: 123rf.com)

BLOGUE INVITÉ. J’ai assisté la semaine dernière au lancement du tout premier accélérateur nord-américain spécialisé en produits laitiers. Une initiative d’Agropur, cet accélérateur vise à soutenir les entreprises sélectionnées à réinventer le futur du lait! Crème glacée extra crèmeuse, kit de production de fromage maison et délicieux desserts d’inspiration italienne font, entre autres, partie de la première cohorte.


Lors de l’allocution de lancement de l’accélérateur, plus j’écoutais les mots du chef de la direction, Robert Coallier, et du vice-président de l’innovation, Simon Olivier, plus je réalisais qu’ils étaient littéralement en train de révolutionner une industrie, celle du lait.


Après le taxi, l’hôtellerie, les médias traditionnels et j’en passe, il est temps de réinventer le lait, une industrie vieille de plusieurs milliers d’années!


Ce sujet me passionne. Évoluant dans une industrie, celle des spiritueux, qui existe depuis fort longtemps, je travaille au quotidien à essayer de réinventer la vodka, le gin et bien d’autres produits sur lesquels on fait de la recherche et du développement. 


Le gin restera toujours du gin. Un alcool à base d’alcool neutre et de baies de genièvre... point final! Pas évident de réinventer cet univers. Certes, certains producteurs misent tout sur le type de filtration, sur le nombre de distillations ou sur l’origine et surtout l’originalité de leurs ingrédients. Pour ma part, j’ai décidé d’innover en me concentrant sur la mise en marché de celui-ci.


Plutôt que faire du gin pour faire du gin, j’ai décidé de combiner mes passions en mettant de l’avant, en plus du gin, des oeuvres d’art. Création d’éditions éphémères, collaboration avec des partenaires sensibles à notre mouvement et même lancement du tout premier musée d’art urbain au Canada font partie intégrante de romeo’s gin. 


Méconnue par la plupart des Québécois, la coopérative Agropur est un véritable fleuron d’ici: 3290 membres producteurs, 8300 employés, plus de 6 milliards de revenus et surtout plus de 6 milliards de litres de lait transformés annuellement! 


L’initiative d’Agropur arrive à un moment charnière dans l’histoire québécoise du lait et aussi dans celle des producteurs et agriculteurs de la province. 


Que l’on soit producteur de lait, de tomates, de veau, de fruits ou de maïs, les défis pour le futur sont les mêmes. Comment réinventer ce que l’on fait depuis la nuit des temps? Comment donner encore plus de valeur à la ressource pour laquelle on travaille si fort?


Certains entrepreneurs ont réussi avec brio cette transformation. Je pense au groupe Robitaille qui a développé le Porc de Nagano, aux fermes Lufa qui réinventent l’agriculture grâce à ses fermes sur les toits urbains, ou même à la laiterie Chalifoux qui a réussi à percer un monde de géants grâce à un plan d’action miticuleusement exécuté. 


Qui aurait dit il y a à peine 20 ans que ces entreprises spécialisées en porc, en fruits et légumes et en produits laitiers seraient devenues ce qu’elles sont aujourd’hui? 


Elles ont fait le choix de l’innovation. Que ce soit de créer une niche dans le marché du porc «haut de gamme», de cultiver dans des serres à l’abri des aléas des conditions métérologiques québécoises, ou de profiter des divers accords de libre-échange pour investir massivement en automatisation et en créant des partenariats stratégiques, elles ont toutes su avec brio donner une valeur ajoutée à leurs produits de base.


Innover dans une vieille industrie n’est pas toujours une question technologique, révolutionnaire ou inventive. Parfois, l’innovation, c’est aussi tout simplement penser et faire différemment avec ce que l’on a déjà.

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois

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