Je réclame la fin du «petit Québec»

Publié le 27/03/2018 à 12:00

Je réclame la fin du «petit Québec»

Publié le 27/03/2018 à 12:00

L'Extra a récemment été couronné meilleur camembert au monde. (Photo: Agropur)

Il y a quelques semaines, lors du dernier World Championship Cheese Contest tenu à Madison au Wisconsin, état reconnu pour sa passion du fromage, un camembert Québécois, l'Extra, produit par Agropur à St-Hyacinthe a été couronné meilleur camembert au monde. Pas au Québec, pas au Canada, pas en Amérique… au monde!


Pendant que les Maskoutains (habitants de St-Hyacinthe) jubilaient, la presse française, sous le choc, criait à l'injustice. Malheureusement, au lieu de bomber le torse, certains québécois ont préféré tourner en dérision cette victoire pourtant historique!


Eh oui, comme trop souvent, certains journalistes/chroniqueurs de la Belle Province furent les premiers à ridiculiser cette victoire. "En bouche, c'est fade", ou "J'ai goûté dans ma vie de bien meilleurs camemberts authentiques, au lait cru, moulés à la louche, de véritables délices."


Malheureusement, pour une raison qui m'échappe encore, à peine la médaille au cou, le "syndrome Céline Dion" refaisait surface. Vous savez ce fameux syndrome qui fait en sorte qu'au Québec, il faille faire ses preuves à l'étranger avant de se faire reconnaître ici, ou qu'il ne suffit pas de gagner pour être le meilleur?


Tristement, nous en sommes devenus experts. De Céline Dion à Georges St-Pierre, en passant par Roch Voisine, tous ont dû faire leur marque à l'étranger avant que l'on reconnaisse, du bout des lèvres, leur succès.


Dieu sait que les Américains ont des défauts, mais oh combien je jalouse leur chauvinisme! Même si le football américain n'est qu'exclusivement joué aux États-Unis, les champions du Super Bowl se disent champions du monde.


La fin du «petit Québec»


Au Québec, un peu comme notre fromage national, tout doit être petit. Mais pourquoi?


Quoi que je comprenne à un certain degré les doléances des «experts» qui expliquent en long et en large les méthodes de production du «véritable» camembert, je me désole que nous trouvions toujours une manière de cracher dans notre propre soupe.


Le fait que nous vivions dans un monde avec de moins en moins de frontières fait en sorte que nous devons lutter à chaque instant afin de tirer notre épingle du jeu. La compétition n'est plus locale, elle est internationale.


Imaginez un instant si le meilleur camembert au monde avait été français ou américain? Il y aurait eu un spécial de deux heures sur CNN ou la page couverture du Figaro. Les ventes auraient explosé et le producteur serait devenu une véritable star. Ici, certains préfèrent dénigrer ce succès et amorcer un débat sur ce qu'est véritablement un camembert!


Je me rappelle des réactions unanimes et dithyrambiques au Japon quand un whisky japonais a été couronné meilleur whisky au monde (surpassant ceux d'Irlande et d'Écosse), ou quand l'équipe de Jamaïque s'était qualifiée pour les Jeux olympiques d'hiver en bobsleigh. Pas un seul journaliste japonais ou jamaïcain n'avait écrit que le Japon devrait se concentrer à produire du Saké ou que les Jamaïcains ne devraient que faire de l'athlétisme et que ces victoires n'en étaient pas vraiment.


Afin de bâtir une province forte et prospère, il faut mettre fin à cette condescendance que l'on a envers le succès. Même si l'Extra n'est supposément pas un camembert selon les "puristes", je vais me faire un plaisir d'en acheter lors de mon prochain passage à l'épicerie. Je vais ensuite le servir à mes amis en disant haut et fort que ce camembert produit à St-Hyacinthe est le meilleur au monde! 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois