Le rêve américain est mort, vive le rêve européen

Publié le 14/02/2018 à 11:31

Le rêve américain est mort, vive le rêve européen

Publié le 14/02/2018 à 11:31

Photo: 123rf.com

Depuis le premier jour où j’ai eu l’idée de lancer PUR vodka, je me voyais déjà conquérir le marché américain. Comme la plupart des aspirants entrepreneurs, j’ai longtemps admiré les succes story de nos voisins du sud. Avec une simple idée en tête, un garage ou un sous-sol, tout était possible.


Aujourd’hui, comme quoi le monde des affaires change rapidement, ce fameux rêve américain est fortement entaché. Président paria, économie forte mais fragile, dissension sociale, le pays se déchire littérallement sous nos yeux.


Se lancer en affaires est un calcul de risque. Tout miser sur les États-Unis, comme nous l’avons longtemps prôné s’avère maintenant un grand risque. L’instabilité et l’incertitude sont les pires ennemis de toute entreprise.


Depuis quelques années déjà, notamment depuis l’entente de libre-échange entre le Canada et l’Europe, nous nous apercevons qu’il y a aussi le rêve européen.


« Le protectionnisme américain sera, sur le long terme, leur pire ennemi. » Je suis totalement d’accord avec l'idée de promouvoir les produits locaux, tel que les Américains le font avec leur «made in the usa». Il faut cependant comprendre que dans un contexte de mondialisation, l’ouverture d’esprit et la collaboration sont de mise.


De plus, je réalise que la majorité des entrepreneurs québécois sont plus du style européen qu’américain dans leur approche. Certainement en raison de nos racines, nous valorisons beaucoup plus le savoir-faire, la créativité, et la relation humaine que le simple fait de vendre un produit sans aucune émotion.


Lors du lancement de romeo’s gin, j’avais expliqué à un journaliste que vendre un produit pour vendre un produit ne m’intéressait pas. J’avais besoin d’une raison derrière cette vente, d’une raison derrière ce produit(en cette journée de Saint-Valentin, je me considère d’ailleurs comme un entrepreneur romantique, je suis en amour avec mes produits).


Attention, je ne dis pas de mettre une croix sur le marché américain. Après tout, avoir à une heure de route plus de 300 millions de consommateurs potentiels est une occasion en or. Cependant, je pense aussi qu’être qu’à quelques heures de vol de pays comme la France, l’Allemagne, ou l’Angleterre l’est tout autant.


Géographiquement, le Québec est idéalement situé entre l’Europe et l’Amérique. Il faut en profiter. Les chances sont rares en affaires, il faut tirer avantage de chacune d’entre elles.


En plus des différences mentionnées ci-haut entre ces deux marchés, il ne faut pas aussi négliger les différences entre les consommateurs. Pour des produits de consommation comme les miens, l’Europe, la France en premier lieu, est idéal.


Je le dis souvent, mais laissez-moi me répéter: le Québec est un paradis gastronomique et nous devons tout faire afin de faire découvrir nos produits de l’autre côté de l’Atlantique. Je rêve du jour où, en me promenant sur les Champs Élysées, je pourrai entrer dans un Laura Secord ou une boutique des Fromages du Québec.


Une grande préparation


Choisir le bon marché pour poursuivre sa croissance est un travail qui nécessite beaucoup de préparation. Cette étude de marché doit non seulement prendre en considération l’analyse de potentiel pour le produit que l’on veut y vendre, mais également une analyse complémentaire basée sur les facteurs externes au monde des affaires.


Étant si proche de la première puissance économique du monde, notre réflexe est naturellement de vouloir vivre le rêve américain. Or, un peu comme quand on fait un pas en arrière afin de ne plus avoir le nez collé sur l’arbre et avoir un meilleur point de vue sur la forêt, il ne faut pas oublier que le rêve européen existe aussi.

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois

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