N'ayons pas peur des mots tabous: nous sommes riches

Publié le 04/12/2018 à 12:50

N'ayons pas peur des mots tabous: nous sommes riches

Publié le 04/12/2018 à 12:50

Des agneaux au printemps.

«Notre luxe, c’est notre sirop d’érable, le saumon de Gaspésie, les huîtres des Îles-de-la-Madeleine ou l’agneau de Kamouraska», dit Nicolas Duvernois.

BLOGUE INVITÉ. C’est fou à quel point certains mots de notre vocabulaire peuvent être tabous. Au Québec, les mots richesse, luxe et argent sont considérés comme parias. Combien de fois ai-je entendu des commentaires désobligeants sur des personnes riches: «Il a fait de l’argent sur le dos du monde», «il doit être un magouilleur», «il l’a certainement volé»… 


Ce n’est pas nouveau, de nombreux Québécois ont une relation malsaine avec tout ce qui touche l’argent. Les maisons de Westmount, les voitures de sport rutilantes ou les voyages en jet privé, créent, pour beaucoup, un certain malaise. 


Certains diront que c’est la faute de notre héritage catholique qui faisait de l’argent l’ennemi de Dieu. D’autres, verront ces commentaires et cette haine comme une sorte de jalousie ou d’envie. 


Pourtant, dans une grande majorité de pays, les symboles de richesse sont une fierté, et ce, même pour ceux qui n’ont pas les poches assez profondes pour s’en offrir. Les Français sont fiers des domaines viticoles tels Château d’Yquem, Petrus ou Romanée Conti qui, pour une seule bouteille, peuvent coûter plusieurs milliers de dollars. Les Italiens, eux, sont fascinés par les maisons de luxes telles Gucci, Dolce Gabbana et Prada qui habillent les stars d’Hollywood. 


Il ne faut pas retourner bien loin dans l’histoire pour s’apercevoir que la définition du luxe et de la richesse évolue au fil du temps. Avoir une voiture en 2018 au Canada est tout à fait normal, en avoir une en 1930 c’était une preuve de richesse. Cette définition diffère également entre les pays. La richesse ou le luxe n’est pas la même au Soudan, au Mexique ou à Singapour. Et nous? Quelle est notre richesse, quel est notre luxe?


Voyager un peu


Il suffit de voyager un peu pour avoir une vision différente du Québec et du Canada. Tristement, ce que nous prenons pour acquis est pour d’autres d'une grande richesse. Savez-vous que les touristes européens, par exemple, sont prêts à dépenser des dizaines de milliers d’euros pour voir nos baleines, chasser à Anticosti ou pêcher en Côte-Nord? Savez-vous que les diamants canadiens sont parmi les plus convoités au monde? Que la qualité de notre viande, de nos grains et de notre eau de source est reconnue à l'international et qu'on retrouve certains produits d'ici dans les plus fines épiceries de Paris, Londres ou Moscou?


Contrairement au luxe «fabriqué» comme les montres suisses, la maroquinerie française, ou la joaillerie italienne, notre luxe est naturel. Notre luxe, c’est la nature, l’espace et la virginité de notre territoire. Notre luxe, c’est notre sirop d’érable, le saumon de Gaspésie, les huîtres des Îles-de-la-Madeleine ou l’agneau de Kamouraska. Notre luxe, c’est d’avoir quatre vraies saisons, des paysages à couper le souffle, des lacs et des rivières où coule une eau cristalline.


Notre luxe, c’est de vivre dans une société qui rejette la violence, l’extémisme et l’injustice. C’est d’avoir une culture vivante, différente et ouverte sur le monde. Notre luxe, c’est de pouvoir cracher du feu à Baie St-Paul et de vendre sa compagnie pour des milliards de dollars des années plus tard. Notre luxe, c’est de naître à Charlemagne et de devenir l'une des plus grande stars de la planète. 


Nous ne réalisons pas à quel point nous sommes choyés de vivre dans une telle société. Arrêtons de nous comparer et de nous jalouser et profitons tous de la chance que nous avons, de toutes les chances que nous avons. 


À mes yeux, notre richesse est collective et nous appartient à tous. Malheureusement, certaines inégalités persistent. Cependant, ce n’est définitivement pas en dénigrant les plus fortunés ou les mieux nantis que l’on partagera mieux la richesse.


Soyons fiers de la richesse que nous avons plutôt que jaloux de celle que nous n’avons pas.

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois