Pour en finir avec les pourboires!

Publié le 07/08/2018 à 07:52

Pour en finir avec les pourboires!

Publié le 07/08/2018 à 07:52

[Photo: 123RF]

Ça fait des mois et des mois que j’ai envie d’écrire sur ce sujet hautement controversé. Combien de discussions émotives ai-je eu avec des amis concernant celui-ci.


Premièrement, il faut dire que je suis entre l’arbre et l’écorce. Ma femme a travaillé plus d’une dizaine d’années en restauration et c’est grâce, notamment à ce bonus salarial que nous avons bâti PUR vodka.


Ma belle-mère baigne dans l’industrie depuis une trentaine d’années et plusieurs de mes amis les plus proches y travaillent encore. Sans oublier que je suis moi-même un client assidu de plusieurs restaurants de Montréal. Je comprends donc extrêmement bien l’importance de celui-ci.


Je mets ici l’emphase sur l’univers de la restauration, mais n’oublions pas les coiffeurs, esthéticiennes, pompistes, voituriers, chauffeurs de taxi… qui comptent également tous sur ce fameux pourboire pour améliorer leur salaire de base.


Mais premièrement, qu’est-ce qu’un pourboire? Ce serait en Angleterre que cette pratique est née. Pour s’assurer d’un service plus rapide pour un client pressé, le patron d’un restaurant déposa sur le comptoir un pot ayant comme inscription «to insure promptness» se traduisant par «pour assurer la rapidité». Les clients qui y laissaient quelques pièces s’assuraient d’être servis plus rapidement. D’ailleurs, le mot pourboire en anglais est tip, les trois premières lettres de l’inscription.


Puis, le pourboire évolua avec le temps. Pour certains, c’était une manière de montrer leur richesse, comme la bourgeoisie, et pour d’autres, pour remercier du bon service reçu. 


Avec le temps, le pourboire est entré dans nos us et coutumes et se pratique maintenant, à quelques exceptions près, sur la terre entière. Bien sûr, il y a des variantes. En France, il est automatique, en Allemagne il se situe entre 5 et 10%.


Au Québec, le pourboire c’est le Far West. Le ministère du Revenu, les propriétaires de restaurants, les employés de cuisine, les serveurs, tous luttent pour mettre la main dessus. Mais qu’en est-il du client… qui, à la fin, sort de sa poche ce fameux montant?


Combien de fois avons-nous reçu un service plus qu’ordinaire au restaurant et avons tout de même laissé 15%? Combien de fois avons-nous pris un taxi, dans un pitoyable état (le taxi!) et avons tout de même laissé quelques dollars.


Il est grand temps de réinventer le pourboire! Quoi de plus désagréable que de se faire tendre le fameux petit terminal de paiement, après une mauvaise expérience et devoir choisir, à quelques centimètres des yeux du serveur, entre 15 et 20% de pourboire selon les options pré-configurées par le restaurant.


Le malaise s’installe immédiatement et pour acheter la paix et éviter le conflit ou la tension, l’immense majorité des clients choisiront de laisser 15%.


Je suis le premier à laisser de généreux pourboires lorsque le service me plaît, mais rien ne m’énerve plus que l’on s’attende automatiquement à en recevoir.


On va se dire la vérité, le problème n’est pas le pourboire, le problème c’est le mauvais service. Servir est un art, une passion, un style de vie. Il faut aimer la bonne bouffe, le vin, les clients, être curieux. Il ne suffit pas que de prendre une commande et de transporter une assiette sur quelques mètres. Le serveur est un acteur principal et non secondaire de l’expérience.


Le sujet n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre.


Bien que j’y réfléchisse depuis un bon moment, je n’arrive pas à trouver LA solution qui le réinventerait. Faudrait-il le rendre anonyme? Obligatoire mais à moins que 15%? Faire en sorte qu’un pourcentage soit automatique et que le reste est discrétionnaire? L’abolir et monter le salaire de base des employés de service?


Bien des idées mais peu de solutions concrètes! Et vous, avez-vous la solution ?


SUR LE MÊME SUJET: «Supprimons le pourboire une bonne fois pour toutes!», d'Olivier Schmouker

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois