Pourquoi est-ce si difficile de donner?

Publié le 20/11/2018 à 12:00

Pourquoi est-ce si difficile de donner?

Publié le 20/11/2018 à 12:00

(Photo: 123rf.com)

BLOGUE INVITÉ. En affaires, on se bat au quotidien afin d’essayer de vendre le produit que l’on a développé ou un service que l’on offre. Une bataille sans merci que seul une infime minorité arrive à atteindre. Après tout, pour 100 entreprises qui naissent, seulement 5 ou 6 réussissent à se rendre au stade de la commercialisation. 


En me lançant en affaires, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Puis, au fil du temps, j’ai découvert le véritable Chemin de croix à parcourir pour n’avoir, à la toute fin, qu’une toute petite chance de réussir. De l’idée à la première vente fut de loin l’expérience la plus difficile que j’ai eu à vivre de ma vie.


Se lancer en affaires est une décision égoïste. J’ai eu une idée, je me suis convaincu que c’était la bonne et j’ai décidé de foncer. Personne, des sept milliards d’être humains sur Terre, ne m’aurait dissuadé de le faire.


Au fil des ans, j’ai réalisé qu’il me manquait quelque chose. Pas que mes projets ne me passionnent pas autant qu’au premier jour, au contraire, mais je voulais faire plus que vendre des bouteilles ou développer de nouvelles idées. Je sentais le besoin de m’impliquer dans ma communauté. 


Toute ma vie, j'ai vu mes parents et ma sœur s’impliquer dans diverses causes. L’impact de leurs gestes me montrait à quel point quelques heures de bénévolat pouvaient tout changer pour une personne, pour une cause. 


Trop pris par mes milles et un problèmes dans le processus de démarrage de mon entreprise, puis dans les plus que complexes premières années, j’ai mis le don de soi de côté. Puis, dès que j’ai réussi à me sortir la tête de l’eau, cette envie d’entreprendre autrement m’est revenue. 


Au fil des années, je me suis impliqué dans de multiples causes, entre autres, auprès de la Jeune Chambre de Commerce de Montréal, de l’Association des clubs d’entrepreneurs étudiants, d'OSEntreprendre, du Regroupement des jeunes Chambres de Commerce du Québec et plus récemment dans le Mouvement Adopte inc et le Musée Romeo’s.


Outre le sentiment de faire partie d’une cause plus grande que soit, j’ai découvert des organismes et des personnes qui méritent beaucoup plus de visibilité, de support et de félicitations qu’ils n’en reçoivent. 


Malheureusement, j’ai aussi découvert que donner pour donner n’existe presque plus. Le simple geste de donner sans aucune attente, sans aucune arrière-pensée se fait de plus en plus rare. Attention je ne lance pas la pierre à personne, je m’implique, moi-même dans certaines causes qui m’aident à devenir meilleur, à mieux comprendre certaines situations.


Cependant, je peux vous garantir que quand je m'implique, je le fais dans le seul et unique objectif d’aider une cause qui me tient à cœur.


Combien d’heures je passe au bout du téléphone afin de demander à une personne de s’impliquer ou à une entreprise de faire ne serait-ce que le plus petit don, en vain? Combien de fois ai-je été convaincu d’avoir fait le pitch du siècle pour qu’on me réponde de réessayer l’année prochaine?


Pourquoi dit-on non quand notre apport peut aider? Est-ce que l’avalanche de demandes, nous en recevons nous-mêmes près d’une vingtaine par semaine, en est la principale cause? Est-ce par manque de budget, de vision, d’intérêt? Malheureusement, je n’ai pas la réponse. 


Une chose est cependant certaine. En tant qu’entrepreneur, je considère que de s’impliquer va de soi. Quelques heures de bénévolat à droite ou à gauche, acheter des billets pour le Bal de Ste-Justine ou du MBAM, donner accès à ses bureaux pour un 5 à 7 d'activité de financement, accepter d’être porte-parole pour un événement... Toutes les façons de s'impliquer sont importantes.


À l’arrivée du temps des Fêtes, les demandes se font de plus en plus nombreuses. Tristement, le fait qu’il y ai tant de demandes est lié au fait qu’il y a d'énormes besoins. Ce Noël, faites-vous plaisir en vous offrant du temps pour aider, du temps pour vous impliquer, du temps pour rendre la vie des gens autour de vous meilleure.

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois