Rester en Bourse, quoi qu'il advienne

Publié le 12/10/2018 à 12:36

Rester en Bourse, quoi qu'il advienne

Publié le 12/10/2018 à 12:36

Photo:123rf

BLOGUE INVITÉ. Les derniers jours ont été plutôt ardus pour les investisseurs boursiers. Au moment d’écrire ces lignes (le 11 octobre), le S&P 500 a perdu 7,2% de sa valeur depuis son sommet atteint il y a moins d’un mois, le 21 septembre dernier. Quant à l’indice Nasdaq, plus fortement représenté par des titres de sociétés technologiques, il accuse une baisse de 9,9% par rapport à son sommet récent atteint le 30 août. Dans ce cas, on parle pratiquement d’une correction qui, techniquement, est une baisse de 10% ou plus par rapport à un sommet récent.


Depuis le début de l’année 2018, le S&P 500 affiche maintenant un gain de seulement 2,0% alors que le Nasdaq est toujours en hausse de 6,2% (alors qu’il était en hausse de 17,8% à la fin d’août).


Qu’en est-il de l’indice canadien? Il accuse un recul de 7,7% depuis son sommet de la mi-juillet et une baisse de 5,5% depuis le début de l’année.


Des fluctuations telles que celles des derniers jours incitent de nombreux investisseurs à se poser des questions:


- Est-ce que j’aurais dû vendre des actions et augmenter mon encaisse au cours des dernières semaines?


- Est-il trop tard pour vendre?


- Est-ce le temps d’acheter?


- Devrais-je attendre avant d’acheter?


Ce sont toutes de bonnes questions auxquelles je n’ai pas de réponses.


Je me dis toutefois que l’investisseur à long terme ne devrait pas vraiment se poser de telles questions. À partir du moment où l’on a pris la décision d’investir en Bourse, on y reste, quoi qu’il advienne. Si l’on part du principe qu’on investit seulement les sommes d’argent dont on n’aura pas besoin à long terme et qu’on possède un portefeuille pleinement investi, pourquoi se demander si on devrait vendre?


Je fais l’analogie avec le voyageur qui a décidé de partir en croisière pour la première fois. Il ne sait pas s’il aimera son expérience, s’il aura ou non le mal de mer ou comment il réagira si la mer devenait agitée. Ce sont toutes des questions qu’il devrait se poser bien avant de mettre les pieds sur un bateau. Car à partir du moment où il a acheté son billet, qu’il est dans le bateau et que ce dernier a appareillé, il n’a d’autre choix que d’y rester, advienne que pourra!


L’investisseur qui investit avec un horizon de placement à long terme le fait parce qu’il sait que la Bourse est plus payante que la plupart des options de placement qui s’offrent à lui. Il sait toutefois que la progression de la Bourse ne se fait pas de manière linéaire – les périodes fastes sont intercalées de périodes difficiles, de corrections. Ça lui est égal : sa décision est prise de rester en Bourse, quoi qu’il advienne. Comme le passager d’un bateau de croisière qui vogue en haute mer et qui fait soudainement face à des vagues de cinq mètres, il prend son mal en patience (en plus de quelques Gravol)! Mais comme le voyageur, il doit au préalable être persuadé qu’il saura traverser les périodes de grande volatilité sans paniquer.


À partir du moment que notre idée est faite, que l’on restera présent en Bourse en toutes circonstances, je crois que les questions qu’on se pose deviennent moins nombreuses et autrement plus constructives. Elles ressemblent davantage à celles-ci:


- La baisse des marchés présente-t-elle des occasions réellement intéressantes parmi les titres de qualité qu’on a sur notre écran radar? Certains de mes titres sont-ils redevenus des achats vraiment attrayants?


- Si oui, ces occasions sont-elles plus attrayantes que certains des titres que je possède dans mon portefeuille?


Si ce n’est pas le cas, je continue d’observer d’un œil intéressé ce qui se passe dans les marchés boursiers sans que cela ne me préoccupe outre mesure.


Un véritable investisseur ne remet pas en question sa décision d’investir en Bourse à chaque soubresaut. Il tente plutôt de profiter des baisses pour faire le plein d’aubaines.


Philippe Le Blanc, CFA, MBA


 

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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