Cogeco: le changement de garde ravive la spéculation de vente à Rogers

Publié le 15/05/2018 à 12:26

Cogeco: le changement de garde ravive la spéculation de vente à Rogers

Publié le 15/05/2018 à 12:26

Par Dominique Beauchamp
«Vous gaspillez votre énergie (à spéculer sur la vente du câble canadien pour réinvestir le capital ailleurs)», avait tranché Louis Audet, pendant la téléconférence d'avril.

(Cogeco)

Comme d’autres dirigeants-propriétaires avant lui, Louis Audet se retire de la présidence de la société Cogeco qu’il dirige depuis 1993, préparant ainsi sa succession de façon ordonnée.


M. Audet, 66 ans, sera remplacé par Phillipe Jetté, l’actuel patron depuis 2015 de la filiale de services aux entreprises Cogeco Peer 1.


«Ce changement survient plusieurs années avant que nous ne l’aurions prévu, mais M. Audet avait clairement indiqué dans le passé qu’il passerait le bâton à un gestionnaire professionnel», indique à chaud Adam Shine, de la Financière Banque Nationale.


À son avis, il ne faut pas y voir le prélude à une vente de la société.


Bien que M. Jetté ait les compétences recherchées pour diriger l’entreprise familiale, étant donné ses rôles de stratège et chef de la technologie depuis 2011, le changement de garde ravive inévitablement la vieille spéculation concernant la vente du câblodistributeur canadien à Rogers Communications (Tor., RCI.B, 61,83$).


Rogers détient déjà 31,6% des actions et 5,6% des votes de Cogeco Communications (CCA, 73$), avance un analyste de Canaccord Genuity.


«Une vente n’est pas imminente parce qu’il est clair dans les déclarations du communiqué de presse que la famille Audet entend bien continuer à développer la société comme elle le fait depuis 60 ans. À plus long terme, le scénario d’une vente semble irrésistible», écrit Aravinda Galappatthige, dans une note préliminaire.


L’analyste cite les pressions qu’exerce de plus en plus la perte de clients aux services de câble de base pour Cogeco qui n’offre pas de service sans-fil ou le service de télévision par câble X1 que Shaw et Vidéotron ont choisi.


L’érosion des clients pourrait se détériorer à mesure que le service Bell Fibre s’étend aux territoires occupés par Cogeco Connexion, explique aussi M. Galappatthige.


Lors de la dernière téléconférence en avril, M. Audet a laissé entendre qu’il mijote une entrée dans le sans-fil à condition que «ça soit rentable».


Le dirigeant justifiait alors qu’il ne pouvait pas révéler sa stratégie sans-fil, car il serait alors disqualifié de participer aux prochaines enchères de fréquences. 


Cogeco a obtenu la permission de participer aux enchères résiduelles de fréquences de quatrième génération. La société s'est aussi inscrite pour les enchères dans la bande de 700 megahertz.


Il est intriguant que le pedigree de M. Jetté inclut des postes de responsabilités dans les divisions sans fil de BCE et de Rogers, note Phillip Huang, de Barclays.



« L'expérience sans-fil de M. Jetté risque de soulever des questions sur les ambitions sans-fil de Cogeco à long terme, mais nous ne voyons pas comment Cogeco pourrait réellement y entrer  étant donné la préférence du CRTC pour les fournisseurs sans-fil qui disposent de leur propres infrastructures. »


Et si Cogeco rachetait le bloc de Rogers?


En décembre 2017 le chef de la direction financière de Rogers, Tony Staffieri, avait au contraire évoqué la possibilité de vendre les actions de Cogeco (CGO, 65,90$) et de Cogeco Communications, car  leur rendement financier laissait à désirer en tant que placement passif.


Ce qui amène l’autre spéculation.


En avril 2017, Greg MacDonald, le directeur de la recherche de Macquarie Capital, avait carrément suggéré à Louis Audet, pendant la téléconférence trimestrielle, de vendre sa division de services aux entreprises Cogeco Peer 1 pour racheter le bloc de Rogers.


Cogeco a bien changé au fil des ans et sa structure à trois têtes incite à la spéculation.


La majorité de sa croissance provient de son expansion dans le câble au sud de la frontière à laquelle participe activement la Caisse de dépôt et placement du Québec.


En janvier, la Caisse a notamment allongé 315M$ US à Cogeco pour l'achat de MetroCast pour 1,4 milliard de dollars américains. Pour cette transaction, la Caisse a obtenu 21% des actions de la filiale américaine de Cogeco en échange de cet appui financier.


Les analystes perdent leur temps à spéculer


Pendant que les analystes spéculent, M. Audet répète souvent qu'ils perdent leur temps à tenter d'imaginer des scénarios de mise en valeur.


«Vous gaspillez votre énergie (à spéculer sur la vente du câble canadien pour réinvestir ailleurs)», a-t-il notamment répliqué à Maher Yaghi, de Desjardins Marchés des capitaux, lors de la téléconférence du 13 avril.


«Nous ne sommes pas des négociateurs d'actif. Nous achetons des entreprises. Si elles ont besoin d'être redressées, nous les réparons pour qu'elles croissent et prospèrent», avait-t-il ajouté.


 


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