Facebook mis en cause tous azimuts

Publié le 21/12/2018 à 06:54

Facebook mis en cause tous azimuts

Publié le 21/12/2018 à 06:54

Par AFP

Facebook fait face depuis des mois à un flot quasi-ininterrompu de controverses autour de sa gestion des données personnelles, avec d'autres révélations cette semaine qui écornent encore un peu plus son image et celle de son patron Mark Zuckerberg.


Quelle est la dernière controverse?


Selon le New York Times, des dizaines d'entreprises --comme Amazon, Spotify, Microsoft ou Netflix-- ont pu accéder à des données privées d'utilisateurs de Facebook telles que le nom des amis de leurs clients ou certaines de leurs publications voire parfois des messages privés, et ce, à l'insu des usagers. Facebook assure n'avoir rien caché à ses utilisateurs.


Le groupe a toujours eu besoin de travailler avec des développeurs d'applications et des entreprises extérieures pour que leurs produits soient compatibles (comme ouvrir un compte Spotify avec des identifiants Facebook), ce qui suppose de les laisser accéder à un certain nombre d'informations.


La question est surtout de savoir s'il a suffisamment informé ses utilisateurs de ce que ses partenaires ou lui allaient faire des données personnelles.


Pour Jennifer Grygiel, spécialiste des réseaux sociaux à l'université de Syracuse (est), les collaborations de Facebook avec ces entreprises extérieures et leurs implications «n'étaient pas claires pour le public».


Quels sont les autres soucis de Facebook?


Il est notamment accusé d'avoir servi de plateforme à la manipulation politique, en particulier pendant la campagne présidentielle américaine de 2016. L'Internet Research Agency est notamment considérée par la justice américaine comme une «ferme à trolls» chargée par le Kremlin d'inonder les réseaux sociaux de messages sur des sujets polémiques (armes, immigration, religion...).


Probablement le plus gros scandale à ce jour: le réseau social a laissé les données de dizaines de millions d'usagers arriver --à leur insu-- entre les mains de Cambridge Analytica (CA), firme britannique d'analyse de données ayant travaillé pour Donald Trump pendant sa campagne de 2016. Facebook reconnaît un manque de vigilance mais affirme avoir été trompé.


Facebook fait l'objet de multiples enquêtes aux États-Unis (et ailleurs) sur cette affaire et d'autres polémiques. Depuis mercredi, il est sous le coup de poursuites judiciaires aux États-Unis.


Que fait Facebook?


Les dirigeants de Facebook ont présenté des excuses et promis de faire mieux, communiquant largement sur les investissements (recrutements, technologies...) engagés pour expurger le réseau des contenus problématiques.


Mais pour ses détracteurs, le rythme des révélations montre que le groupe fait preuve depuis toujours de laxisme et d'opacité concernant la gestion des données personnelles.


«On est en train d'attendre de savoir quelle sera la goutte d'eau qui fera déborder le vase», commente Adam Chiara, enseignant en communication à l'université de Hartford.


Quelles sont les conséquences?


C'est surtout le cours de Bourse qui pâtit: il a perdu plus de 7% mercredi après l'article du NYT et l'annonce des poursuites judiciaires. Et 35% par rapport aux sommets atteints cette année.


Pour autant, malgré les polémiques et les appels à quitter le réseau social, résultats et nombre d'utilisateurs continuent de croître. A un rythme ralenti toutefois, ce qui inquiète les investisseurs.


Que peut faire Facebook?


Mark Zuckerberg est très critiqué. De nombreuses voix lui demandent d'abandonner en partie sa mainmise, en renonçant à la présidence du conseil d'administration. Mais pour l'instant, grâce aux "supers droits de vote" associés à sa participation au capital, il est inamovible.


A cause de cette «mauvaise gouvernance», «quand les choses vont mal, elles vont mal pendant bien plus longtemps et s'aggravent bien plus que si les actionnaires pouvaient renvoyer les dirigeants», assène Richard Windsor, analyste spécialisé.


«Une entreprise normale se serait débarrassée de quelqu'un, aurait sacrifié quelqu'un, pour essayer de montrer un changement», note Carolina Milanesi, analyste chez Creative Strategies.


Une régulation?


De nombreux élus et associations réclament une régulation des géants technologiques et de leur gestion des données personnelles, en s'inspirant par exemple du règlement européen (RGPD) entré en vigueur en mai.


Mais, à ce stade, rien ne semble vraiment bouger aux Etats-Unis.


Il y a peu de «volonté politique» au Congrès, note Mme Grygiel, déçue de n'avoir rien vu de concret après les auditions parlementaires de M. Zuckerberg et d'autres patrons de la techno ces derniers mois.


«Peut-être est-ce parce que ce sont des entreprises américaines et qu'ils ne veulent pas les inciter à quitter les États-Unis», dit-elle.


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