Le MÉDAC demande la fin des actions à droit de vote multiples chez Bombardier

Publié le 05/12/2018 à 15:43

Le MÉDAC demande la fin des actions à droit de vote multiples chez Bombardier

Publié le 05/12/2018 à 15:43

Par La Presse Canadienne
Un avion Global 6000 de Bombardier.

Un avion Global 6000 de Bombardier. (Photo: Bombardier)

Les actions à droit de vote multiples chez Bombardier font une fois de plus l'objet de critiques, cette fois-ci de la part du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), qui réclame l'abandon d'une telle structure. 


En justifiant mercredi sa prise de position, qui a fait l'objet de débats à l'interne, l'organisme a notamment évoqué les décisions mises de l'avant au cours des dernières années, qui, à son avis, sont trop orientées vers des «considérations à court terme». 


«Les critères permettant de justifier une telle structure ne sont pas là, a expliqué le coordonnateur du MÉDAC, Willie Gagnon. Il n'y a pas de clause crépusculaire, ces actions seront là pour toujours. Il n'y a pas de seuil minimal de détention des actions pour la famille.»


Il a toutefois pris soin d'ajouter que l'organisme ne souhaitait pas la vente ou le démantèlement de Bombardier, souhaitant plutôt l'arrivée d'actionnaires afin d'assurer le maintien d'une minorité de blocage en cas d'offre hostile.


Cette demande a été envoyée au constructeur d'avions et de trains en compagnie de quatre autres propositions en vue de l'assemblée annuelle de la multinationale qui aura lieu l'an prochain - généralement au printemps. C'est la première fois que le MÉDAC réclame une telle mesure. 


D'après les dernières informations disponibles, la famille Beaudoin-Bombardier contrôle 53,23% des droits de vote alors qu'elle ne détient que 13,26% du total des titres en circulation. Celle-ci a parfois été la cible de critiques en raison du contrôle qu'elle exerce grâce à ses actions de catégorie A, porteuses de 10 droits de vote chacune. 


En mai dernier, à l'occasion de l'assemblée annuelle de l'entreprise, Laurent Beaudoin, le gendre de Joseph-Armand Bombardier, avait défendu ce régime, qui, à son avis, a permis de protéger l'entreprise lorsqu'elle était plus vulnérable. 


«Nous n'avons pas voulu imposer les modalités du retrait du régime, ni d'échéancier», a précisé M. Gagnon, bien conscient que la proposition du MÉDAC serait fort probablement battue l'an prochain. 


Bombardier n'avait pas réagi, mercredi après-midi. Elle devrait toutefois répondre à cette proposition dans la prochaine circulaire de sollicitation qui sera envoyée à ses porteurs de titres.


Fausse route?


La dernière année a encore été mouvementée pour Bombardier, qui a cédé le 1er juillet, le contrôle de son programme de la C Series à Airbus.


L'entreprise vient également d'annoncer l'élimination de 5000 postes dans le monde, dont 2500 au Québec, en plus d'avoir cédé d'autres activités, dont son programme d'avions à hélices Q400. Elle évalue en outre ses options quant à l'avenir des jets régionaux CRJ. 


Par ailleurs, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a récemment décidé d'enquêter sur des transactions internes sur des titres de Bombardier détenus par des hauts dirigeants de la compagnie.


Malgré tout, Yvan Allaire, président-directeur du conseil d'administration de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP), a estimé que le MÉDAC faisait fausse route avec sa prise de position. 


«Tout le monde se demande comment protéger les sièges sociaux, a-t-il dit, au cours d'une entrevue téléphonique. La première étape est d'avoir plus d'actions à vote multiple, c'est la meilleure garantie pour protéger les sièges sociaux.»


Au Québec, des fleurons comme Alimentation Couche-Tard, Groupe CGI et Québecor disposent d'une telle structure d'actionnariat. Ce régime devrait toutefois prendre fin chez l'exploitant de dépanneurs et de stations-service en 2021 en vertu d'une clause crépusculaire signée en 1995.


M. Allaire a expliqué que Bombardier avait pris plusieurs décisions «audacieuses» pour devenir une multinationale, et que parfois, certains projets d'envergure, comme celui de la C Series, «tournent mal».


Celui-ci se demande également comment le MÉDAC peut reprocher à Bombardier de privilégier des décisions à court terme, alors que la C Series était une aventure de longue haleine. 


«Sans les actions à droit de vote multiples, l'entreprise ne serait plus là, a affirmé M. Allaire. La compagnie aurait disparu dans les années 1970 après avoir été achetée par une société américaine.»


Parmi ses autres propositions, le MÉDAC suggère notamment que la famille Beaudoin-Bombardier détienne au moins 15%, voire 20%, de l'ensemble des titres de Bombardier qui sont en circulation. Les autres propositions concernent l'environnement, la gouvernance et l'indépendance du conseil d'administration.


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Santé psychologique

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

ROI marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Sécurité alimentaire

Mercredi 06 février


image

Science des données

Mardi 12 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

Sur le même sujet

VIA Rail: Siemens remplacera la flotte du corridor Québec Windsor

Mis à jour le 12/12/2018 | La Presse Canadienne

VIA Rail a besoin de 32 nouveaux trains bidirectionnels pour maintenir sa capacité actuelle de 9100 sièges.

À surveiller: les titres qui ont attiré votre attention

08/12/2018 | lesaffaires.com

(Re)voici quelques recommandations qui pourraient influencer les cours prochainement.

À la une

Bourse : les gagnants et perdants de la semaine

Quels sont les titres qui ont le plus marqué la semaine? Facebook, Lululemon, Bombardier et... un producteur de mari.

Les grandes entreprises de technologie: bonnes ou mauvaises pour la société?

14:45

BLOGUE INVITÉ. Google et Facebook sont-ils bons pour vous?

Facebook: les photos de 6,8 millions d'utilisateurs dévoilées après une faille de sécurité

14:54 | AFP

Une faille de sécurité a rendu accessible l'ensemble des photos postées sur Facebook par 6,8 millions d'utilisateurs.