Une région qui regorge d'entrepreneurs aguerris

Offert par Les Affaires

Publié le 07/02/2018 à 06:00

Une région qui regorge d'entrepreneurs aguerris

Offert par Les Affaires

Publié le 07/02/2018 à 06:00

Par Pierre Théroux

Alain Chalifoux (à gauche sur notre photo) et Brigitte Jalbert ont baigné dans l’entreprise familiale dès leur plus jeune âge. Le premier est aujourd’hui président de Laiterie Chalifoux/Riviera, tandis que la deuxième a quitté le nid familial pour devenir PDG d’Emballages Caroussel. De son côté, Renaud Lapierre (à droite sur notre photo) s’est familiarisé avec l’entrepreneuriat dès l’université avant de devenir un entrepreneur en série.

Panel - La Montérégie ne manque pas d'entrepreneurs chevronnés. Comme Alain Chalifoux et Brigitte Jalbert, qui ont baigné dans l'entreprise familiale dès leur plus jeune âge, et Renaud Lapierre, qui s'est familiarisé avec l'entrepreneuriat dès l'université avant de devenir un entrepreneur en série. Ces trois dirigeants ont témoigné de leur expérience lors d'une rencontre en Montérégie, organisée par Les Affaires dans le cadre de sa tournée des régions sous le thème du renouveau entrepreneurial. L'événement a aussi réuni une trentaine de personnes dont Jean Bédard, président du Groupe Sportscene, ou encore Nicolas St-Pierre, jeune successeur de son père à la Fondation Mira.


Peu d'entreprises familiales réussissent à passer le flambeau à la troisième génération. C'est encore plus rare pour la quatrième génération, un exploit qu'a réussi la Laiterie Chalifoux en transformant aussi les façons de faire en cours de route. « Il n'y avait pas eu d'innovation depuis 20 ans. On a fait de grands changements pour assurer le développement de l'entreprise », souligne Alain Chalifoux, président de ce producteur de fromages et de yogourts connus sous la marque Riviera, fondée à Sorel en 1920.


M. Chalifoux se rappelle encore lorsque, jeune ado, quand il devait se rendre à Montréal pour des traitements d'orthodontie, son père en profitait aussi pour faire une tournée de clients comme la famille Steinberg. « Mon père m'amenait partout, même à des réunions du Conseil des industriels laitiers du Québec dont je suis aujourd'hui le vice-président », souligne-t-il.


Passation des pouvoirs


Même s'il semblait destiné à prendre un jour les rênes de l'entreprise où il a commencé à travailler très jeune, il la quittera en 1993 avant d'y revenir en 2009. À l'époque, l'entreprise était gérée par son grand-père et ses quatre fils et « laissait peu de place à l'actionnariat », dit-il pour expliquer son départ. Le diplômé de l'Institut de technologie agroalimentaire, de Saint-Hyacinthe, lance alors sa propre entreprise, une firme de consultants en procédé d'ingénierie de transformation alimentaire qui comptera notamment Olymel parmi ses clients. En 2009, il revient dans le giron de l'entreprise familiale, qui transforme annuellement plus de 30 millions de litres de lait et a depuis doublé ses revenus. « Ça a pris seulement six mois pour vendre 50 % des parts de mon entreprise, mais trois ans pour négocier la relève familiale ! », rappelle-t-il.


La passation des pouvoirs a aussi été longue pour Brigitte Jalbert, la présidente-directrice générale d'Emballages Caroussel, une entreprise de Boucherville spécialisée dans la production et la distribution de produits d'emballage alimentaire et industriel. « Mon père a eu de la difficulté à lâcher prise », souligne celle qui a finalement repris en 2011 le flambeau de l'entreprise fondée en 1971, après en avoir assumé la vice-présidence pendant près de 15 ans. Pourtant, la présence de Mme Jalbert au sein de l'entreprise familiale devait être passagère. D'autant que l'entrepreneuriat était à des années-lumière de son univers. « J'étais là en attendant », dit celle qui a rejoint son père après des études en arts et qui souhaitait devenir photographe. « Comme je n'aime pas la comptabilité et que je ne conduis pas de camion, je ne voyais pas ce que je pouvais y faire. » Elle mettra à profit sa créativité et ses talents artistiques pour mettre en oeuvre une stratégie marketing et faire de Carrousel la première entreprise de son secteur à produire et à distribuer un catalogue couleur présentant ses produits. L'entreprise, qui employait une trentaine de personnes à son arrivée en 1986 et affichait des revenus de 8 millions de dollars, en compte aujourd'hui plus de 300 et génère des ventes de 140 M$.


Avec le temps, Mme Jalbert a aussi réussi à accepter son nouveau rôle. « Je n'ai jamais choisi de devenir entrepreneure, mais je l'assume pleinement aujourd'hui. En fait, je me passionne plus pour l'entreprise que pour l'entrepreneuriat, pour le plaisir de développer une entreprise créée par mon père pour subvenir aux besoins de la famille, après avoir perdu son emploi », souligne-t-elle.


Apprendre le métier sur le tas


Renaud Lapierre a appris le métier d'entrepreneur sur les bancs de l'école. Non pas en étudiant en administration, mais en devenant président de Services alimentaires et distribution automatique, une entreprise gérée par l'Association générale des étudiants de l'Université de Sherbrooke, pendant qu'il étudiait en droit, après des études en génie civil, à la fin des années 1960. « J'ai été nommé pour diriger une entreprise qui faisait des revenus de 1 M$ et comptait 100 employés ! », précise celui qui est aussi licencié en droit.


Un autre concours de circonstances l'amènera, à 26 ans, à diriger une entreprise de l'Estrie spécialisée dans la fabrication de tentes roulottes. « Le propriétaire est tombé malade et j'ai pris la relève d'une entreprise qui employait 400 personnes et exploitait trois usines », se rappelle-t-il. Puis, après un passage à la fonction publique où il occupera notamment le poste de sous-ministre adjoint au ministère de l'Énergie et des Ressources, il revient dans le milieu des affaires. « Cinq ans comme sous-ministre, ça m'a donné envie de redevenir entrepreneur », lance-t-il avec humour.


À titre de dirigeant d'entreprise ou d'actionnaire, il a contribué à la croissance de diverses sociétés québécoises, notamment la société de services réfrigérés Congebec et Services environnementaux Richelieu, qui a été acquise par la société de services de gestion de déchets résidentiels BFI Canada. Il a aussi été associé directeur et cofondateur de Biron, Lapierre et associés, un cabinet spécialisé en fusions-acquisitions d'entreprises. Depuis 2011, il est président de Viridis environnement, une entreprise spécialisée en gestion de matières résiduelles qui, cette année, a revalorisé la moitié (500 000 tonnes) des matières organiques utilisées dans les champs agricoles du Québec. La jeune entreprise s'apprête même à commercialiser une technologie qui « permettra aux villes d'éliminer le troisième bac utilisé pour ramasser les matières résiduelles », affirme l'entrepreneur en série. Sa principale force ? « Savoir bien définir les perspectives de marché et m'entourer de jeunes qui peuvent assurer la relève d'une entreprise », estime M. Lapierre.



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