Combien épargner pour la retraite?

Publié le 14/06/2018 à 08:00

Combien épargner pour la retraite?

Publié le 14/06/2018 à 08:00

Par Institut québécois de planification financière

Alors que le mois de juin est le mois des aînés au Canada, un récent sondage effectué par la firme Léger révèle que 45 % des aînés sont stressés financièrement. Ils ont peur de manquer d'argent avant la fin de leur vie ou encore, de ne pas être en mesure de payer pour leurs soins de longue durée.


Un des éléments les plus frappants dans le sondage, c'est le déclin des régimes de retraite provenant des entreprises. Alors que 50 % des personnes âgées de 80 ans et plus peuvent compter sur un régime de retraite de leur employeur, ils ne sont plus que 40 % entre 60 et 69 ans, et cette tendance va se poursuivre.


S'il y a moins de régimes de retraite d'employeurs, il faut qu'il y ait davantage d'épargne personnelle. Plusieurs solutions d'épargne existent. Le secret, c'est de les mettre en place tôt dans sa carrière.


Si on s'entend pour dire qu'il faut épargner, la grande question est : combien doit-on épargner pour la retraite? Il faut rappeler tout d'abord que chaque cas est particulier et que les hypothèses mises de l'avant ne sont pas représentatives de tous les retraités et futurs retraités.


L'exemple de Patrick


Prenons l'exemple de Patrick, qui gagne un salaire de 47 000 $/an, ce qui est à peu près le salaire moyen au Québec en 2018. Il a 30 ans et il compte prendre sa retraite à 65 ans. Il n'a pas de régime de retraite auprès de son employeur, mais il contribue 5 % de son salaire (2350 $/an) à son REER et a l'intention de le faire jusqu'à ses 65 ans. Son salaire augmente de 2 % par an et il s'attend à ce que ce soit le cas jusqu'à 65 ans. Sa cotisation au REER augmentera donc de 2 % par an aussi. Patrick a un profil d'investisseur équilibré et il peut s'attendre à un taux de rendement de ses placements, net après frais, de 3,9 % (selon les Normes d'hypothèses de projection de l'IQPF). Ce taux devrait diminuer à 3 % à la retraite, puisqu'il aura alors des placements un peu moins risqués. Le taux d'inflation est de 2 %. Le taux effectif d'imposition est de 20,05 %.


Pour déterminer si ses épargnes seront suffisantes, Patrick doit évaluer son coût de vie à la retraite. Il utilise la règle des 70 %, une règle du pouce qui veut que le remplacement de 70 % des revenus bruts préretraite va suffire à conserver le même niveau de vie à la retraite. Selon nos calculs, en plus de ses épargnes, si Patrick retire sa rente du Régime de rentes du Québec et sa pension de la Sécurité de la vieillesse à 65 ans, il manquera d'argent à 76 ans. Sachant que l'espérance de vie au Québec est de 80,8 ans pour les hommes, Patrick va manquer d'argent pour ses vieux jours et risque aussi de manquer d'argent pour payer pour des soins de longue durée. La bonne nouvelle, c'est qu'il en prend conscience tôt et qu'il peut changer ses habitudes d'épargne.


En gardant les mêmes hypothèses et en faisant passer le taux de cotisation au REER de 5 % du salaire à 7,5 % du salaire (100 $ de plus par mois pour un total de 3550 $/an), Patrick aurait des économies jusqu'à 83 ans. Ce n'est peut-être pas la solution idéale, mais c'est un bon point de départ.


Beaucoup d'hypothèses sont avancées dans cet exemple et chaque situation à ses particularités. Pour se préparer à la retraite et mettre les chances de son côté, il est néanmoins important de respecter les règles suivantes :


1. Commencer à épargner le plus tôt possible et le faire tout au long de sa carrière.


2. Estimer le revenu nécessaire à la retraite. Il s'agit d'une étape cruciale, car c'est à partir de ce montant que découle le reste. La règle des 70 % est un bon point de départ, mais le meilleur chiffre sera celui que vous obtiendrez en préparant un budget.


3. En investissement 7,5 % de son revenu dans un REER, on se rapproche de l'objectif d'avoir 70 % de son revenu à la retraite (avec un salaire actuel autour du salaire moyen au Québec). Bien entendu, plus on commence tard à épargner, plus le pourcentage à investir sera élevé.


4. Tenir compte de l'inflation dans vos estimations pour maintenir le niveau de vie que vous désirez.


5. Demander à votre planificateur financier d'évaluer différentes hypothèses comme la possibilité de repousser ou de devancer la date du retrait du Régime de rentes du Québec (plus on attend, plus elle est bonifiée).


Bonne préparation à la retraite et… commencez à épargner le plus tôt possible !


Amine Chbani, MBA, Pl. Fin.


 


 

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