Retraite : 7 étapes pour optimiser votre facture fiscale

Publié le 03/10/2018 à 09:43

Vous aimez tellement discuter de vos projets de retraite. Encore quelques années et ils deviendront réalité! L’heure est maintenant venue de faire la planification des revenus envisagés durant cette phase de décaissement. François Bernier, directeur, planification fiscale et successorale, gestion de patrimoine à la Financière Sun Life, propose une démarche en sept étapes pour optimiser chacun de vos deniers. Suivez le guide!


1) Déterminer votre coût de vie estimé à la retraite


Il faut d’abord connaître avec une certaine précision le coût de vie après impôt que vous prévoyez maintenir à la retraite. « Élaborez un budget réaliste et détaillé », suggère François Bernier. Vous devez comptabiliser toutes les dépenses fixes et discrétionnaires associés aux projets futurs. Rénovations, voyages ou location d’un chalet, inscrivez le tout à votre chiffrier! « Le but de l’exercice se résume à décaisser annuellement les seuls montants requis tout en minimisant la facture fiscale », résume-t-il.


 


2) Dresser une liste de toutes les sources de revenus prévues


Énumérez ensuite toutes les sources de revenus prévues au moment de la retraite. À combien s’élèvent vos actifs non enregistrés? Votre compte d’épargne libre d’impôt (CELI) est-il bien garni? N’oubliez pas les prestations à recevoir des divers paliers gouvernementaux : la Pension de la sécurité de la vieillesse (PSV), le Supplément de revenu garanti (SRG) et la rente du régime des rentes du Québec (RRQ).


Identifiez ensuite les autres sommes détenues dans des comptes enregistrés — régime enregistré d’épargne-retraite (REER), fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), compte de retraite immobilisé (CRI) et fonds de revenu viager (FRV), à titre d’exemple. Finalement, recherchez le plus récent relevé de participation reçu de l’employeur concernant votre régime de retraite.


 


3) Prendre rendez-vous avec votre conseiller de confiance


Une fois toutes ces informations en mains, prenez rendez-vous avec votre conseiller. « Votre professionnel doit alors faire son travail d’horloger », explique François Bernier. L’horloger utilise de multiples pièces mécaniques qui doivent venir s’imbriquer l’une dans l’autre. Un art qui exige minutie et méthode : une montre doit donner… l’heure juste! « Le conseiller doit appareiller toutes les sources de revenus que vous avez au préalable identifiées pour en maximiser l’efficacité fiscale », explique-t-il.


 


4) Tenir compte de la PSV et du SRG


L’une des premières stratégies à déployer dans le cadre d’une optimisation fiscale demeure d’intégrer les prestations gouvernementales aux autres sources de revenus identifiées. Le retraité ne comptant que sur de faibles revenus aurait avantage, dans la mesure où cela est possible, à ne décaisser que le seuil d’admissibilité prévu par le SRG fixé à 17 784 $ en excluant la PSV.


À l’inverse, celui qui possède plusieurs sources de revenus devrait s’assurer de ne pas dépasser le cap des 75 910 $ annuellement pour ne pas perdre son droit à la PSV. « Le conseiller procédera à des calculs pour ne pas que vous ayez à payer l’impôt de récupération associé à cette prestation », dit François Bernier.


 


5) Identifier le meilleur moment pour recevoir vos prestations


La prochaine étape demeure d’analyser la possibilité de retarder le versement des prestations mentionnées précédemment. La rente mensuelle maximale versée par le RRQ est de 725,87 $, 1134,17 $ ou 1610,52 $ par mois, en fonction du déclenchement à 60, 65 ou 70 ans, respectivement. « La PSV sera bonifiée de 36 % si repoussée de 65 à 70 ans », ajoute-t-il. Êtes-vous en mesure de… patienter?


 


6) Diviser et fractionner, des scénarios à considérer


Il pourrait être avantageux de diviser votre rente du RRQ avec votre conjoint, dans l’espoir d’être imposé dans une fourchette d’imposition inférieure. « Il n'est pas nécessaire que les deux conjoints aient cotisé au régime en question pour diviser la rente de l'un d’eux », précise M. Bernier. Prendre note cependant que cette stratégie n’est applicable que pour deux rentiers de plus de 60 ans.


D’autres types de revenus de retraite peuvent être fractionnés entre les conjoints mariés ou de fait, âgés de plus de 65 ans. « Un conjoint peut allouer jusqu’à 50 % de certaines rentes admissibles – un régime de l’employeur, FERR ou FRV, notamment – dans la déclaration de celui ayant le revenu le moins élevé », explique François Bernier. Bien qu’il existe plusieurs subtilités sur cette question, votre conseiller est en mesure de proposer différents scénarios et de vous en expliquer la résultante.


 


7) Choisir des fonds de catégorie


Qu’est-ce qu’un fonds de catégorie? L’équivalent, ou presque, d’un fonds commun de placement! Les mêmes produits d’investissements y sont généralement disponibles, que vous soyez davantage « obligations » ou « actions ». La différence majeure entre ces deux types de fonds réside plutôt dans « le contenant ». « La coquille y est différente et fait toute la différence au chapitre de la fiscalité ». Ainsi, et au lieu de retirer d’un compte enregistré et de risquer de voir votre PSV diminuer, vous pourriez utiliser votre épargne non enregistrée pour acheter des fonds de catégorie hors REER. Une partie du revenu encaissé demeurera alors non imposable.


EXEMPLE Avant… et après l’optimisation fiscale


Avant : 22 047 $ d’impôts totaux à payer pour la famille.


Conjoint 1


RRQ : 12 000 $ par année.


PSV : 7 000 $ par année.


Décaissement annuel du FERR : 40 000 $.


Revenus d’intérêts, non-enregistré : 15 000 $.


Conjoint 2


RRQ : 6 000 $ par année.


PSV : 7 000 $ par année.


Décaissement annuel du REER : 10 000 $


Après : 17 054 $ d’impôts totaux à payer pour la famille.


Trois mesures simples pour optimiser leur situation :


1. Division de la rente en provenance de la RRQ, pour la répartir également entre les deux conjoints. Chacun reçoit ainsi 9 000 $ annuellement.


2. Fractionnement du FERR : 15 000 $ attribués au conjoint 2. Le conjoint 1 est désormais imposé sur la tranche restante de 25 000 $.


3. Au lieu de décaisser du compte non-enregistré et d’être imposé en revenus d’intérêts, le conjoint 1 devrait plutôt investir dans des fonds de catégories permettant l’imposition sur des revenus fiscalement avantageux.


Économies annuelles réalisées : 4 993 $


 


EN RAPPEL :


๏ Aucune recette universelle n’est applicable en matière de planification fiscale du revenu à la retraite. Un épargnant, un plan personnalisé!


๏ Un plan de décaissement n’est jamais statique. Il évolue plutôt dans le temps et doit être révisé tous les 3 à 5 ans.


๏ Tel un horloger, votre conseiller de confiance utilise de multiples pièces complexes qui doivent s’imbriquer parfaitement l’une dans l’autre pour que vous obteniez… l’heure juste. Consultez-le sans tarder!


 

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