Donald Trump défend son mur et est prêt à maintenir le «shutdown»

Publié le 04/01/2019 à 11:19, mis à jour le 04/01/2019 à 15:40

Donald Trump défend son mur et est prêt à maintenir le «shutdown»

Publié le 04/01/2019 à 11:19, mis à jour le 04/01/2019 à 15:40

Par AFP
Donald Trump devant un lutrin lors d'une conférence de presse.

[Photo: Getty Images]

Donald Trump a une nouvelle fois défendu bec et ongles vendredi son projet de mur à la « dangereuse » frontière sud des États-Unis, avertissant qu’il était prêt à ce que la paralysie partielle de l’administration fédérale dure plusieurs mois, voire plus d’un an. 


Si le président américain a évoqué des discussions « très très productives », les responsables démocrates venus à sa rencontre à la Maison-Blanche ont donné un compte-rendu de l’entrevue nettement moins optimiste.


De nouvelles discussions sont prévues dans les jours à venir. « J’ai nommé un groupe, nous allons nous voir ce week-end », a déclaré M. Trump depuis les jardins de la Maison-Blanche.


La construction d’un mur à la frontière avec le Mexique est une question de « sécurité nationale », a-t-il martelé. « Ce n’est pas un jeu », a-t-il ajouté, tout en soulignant « le chemin parcouru » dans les négociations avec ses adversaires politiques.


À la sortie de la Maison-Blanche, pourtant, Chuck Schumer, leader des démocrates au Sénat et Nancy Pelosi, nouvelle « Speaker » de la Chambre des représentants, ont fait un récit très différent, évoquant des discussions « tendues ».


Selon M. Schumer, M. Trump a même indiqué qu’il était prêt à ce que le « shutdown » dure « pendant très longtemps, des mois, voire des années ». « Oui, j’ai dit cela », a confirmé le locataire de la Maison-Blanche. « Je ne pense que cela sera le cas, mais je suis prêt », a-t-il ajouté.


Une rencontre délicate


Donald Trump a reçu vendredi des élus démocrates et républicains pour tenter de mettre fin au « shutdown », après l’installation d’un nouveau Congrès peu enclin à faire des concessions sur son projet de mur visant à endiguer l’immigration clandestine.


La rencontre entre le président américain et les ténors du Congrès, prévue en fin de matinée à la Maison-Blanche, s’annonçait particulièrement délicate.


Les négociations sur le « shutdown » sont d’abord une bataille de communication dans laquelle chaque parti tente de faire porter la responsabilité du blocage à l’autre. Or si les républicains ont conservé la majorité au Sénat, les démocrates ont désormais un porte-voix nettement plus puissant avec la présidence de la Chambre des représentants.


« Construire un mur (à la frontière avec le Mexique) est immoral, ce n’est pas ce que nous sommes en tant que pays », a lancé jeudi soir la démocrate Nancy Pelosi, quelques heures après sa prise de fonction comme « speaker » de la Chambre.


« Quelqu’un a-t-il encore des doutes sur notre position? Nous ne construirons pas de mur! », a ajouté lors de sa première conférence de presse l’élue de Californie, désormais troisième personnage de l’État.


Les démocrates lâcheront-ils du lest? Donald Trump peut-il renoncer aux 5 milliards de dollars qu’il réclame à cor et à cri pour édifier son mur sans perdre la face? Quelles sont les portes de sortie pour mettre fin au « shutdown » qui paralyse 25% des administrations fédérales depuis le 22 décembre? 


« Avec compassion »


Une idée a refait surface ces derniers jours: réintroduire dans les négociations la question sensible du « Daca ». 


Ce programme offrant un permis de séjour temporaire à plusieurs centaines de milliers de jeunes clandestins avait été créé par Barack Obama puis supprimé en septembre par Donald Trump, qui a mis au défi le Congrès de voter une réforme migratoire à la place.


Entre-temps, la justice a été saisie par les défenseurs de Daca... et le programme est dans les limbes. Quant au Congrès, il n’a jamais pu s’entendre jusqu’ici pour trouver un compromis.


Interrogé sur Fox News, le vice-président Mike Pence n’a pas exclu des discussions sur ce thème.


« Beaucoup de gens évoquent plein d’idées différentes », a-t-il souligné, rappelant que le président avait déjà évoqué, en 2018, sa volonté d’avancer sur le dossier « avec compassion ».


Républicains et démocrates sont conscients que ce bras de fer budgétaire est aussi un test du rapport de force qui s’établira pour la deuxième partie de mandat de Donald Trump, qui a clairement affiché son intention de se représenter en 2020.


Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les démocrates décrochent en effet la tête de commissions parlementaires dotées de puissants pouvoirs d’investigation, notamment ceux d’assigner les témoins à comparaître et d’ordonner la présentation de documents. 


Et si Nancy Pelosi ne souhaite pas, pour l’heure, évoquer la perspective d’une procédure de destitution, ou « impeachment », certains jeunes élus ne se privent pas d’aborder le sujet. Sans surprise, le locataire de la Maison-Blanche n’a pas tardé à réagir. 


« Comment voulez-vous destituer un président qui a gagné probablement la plus grande élection de tous les temps, qui n’a rien fait de mal (aucune collusion avec la Russie, ce sont les démocrates qui ont comploté), qui est à l’origine des deux meilleures premières années de tous les présidents, et qui est le républicain le plus populaire dans l’histoire du parti, à 93%? », a-t-il gazouillé au réveil.


 


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