Ottawa promet d'aider les travailleurs de GM à Oshawa

Publié le 26/11/2018 à 15:37

Ottawa promet d'aider les travailleurs de GM à Oshawa

Publié le 26/11/2018 à 15:37

Par La Presse Canadienne

Des travailleurs de l'usine GM à Oshawa qui quittent l'établissement lundi avant-midi [Photo: Getty Images]

Justin Trudeau s’est dit profondément déçu que General Motors ferme son usine de montage à Oshawa, et il promet de faire tout en son pouvoir « pour aider les familles visées à se remettre sur pied ».


Le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, a déclaré que le gouvernement examinait toutes les options, mais il a admis que GM avait clairement indiqué que sa position sur la fermeture n’était pas négociable.


La fin des activités à l’usine d’Oshawa en 2019 poussera plus de 2500 travailleurs au chômage et mettra fin à une relation vieille de plus de cent ans entre GM et cette ville située à l’est de Toronto.


Le chef conservateur Andrew Scheer a demandé un débat d’urgence à la Chambre des communes lundi. Il soutient que les libéraux doivent « présenter un plan sur la façon dont ils vont répondre aux milliers de personnes sans travail et protéger les emplois restants dans le secteur manufacturier en Ontario ».


À Queen’s Park, le premier ministre Doug Ford a admis que la décision du constructeur GM était « définitive » et que le gouvernement n’avait rien pu faire pour le convaincre de changer d’avis. M. Ford dit que son gouvernement avait demandé à Ottawa de prolonger de cinq semaines la période d’admissibilité à l’assurance-emploi, jusqu’à un maximum de 50 semaines.


À Ottawa, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a précisé que le gouvernement canadien avait été prévenu dimanche seulement de cette fermeture. Il a indiqué que M. Ford et M. Trudeau s’étaient parlé déjà, « pour faire en sorte que les appuis du gouvernement canadien soient les plus efficaces possible ».


Des milliards à GM


Interrogé par les journalistes sur l’aide de plusieurs milliards accordé à GM par les gouvernements canadien et ontarien pour sauver le constructeur de la faillite en 2009, le ministre Bains a précisé lundi matin que son gouvernement « continuera à soutenir et défendre le secteur de l’auto et ses travailleurs ».


« Nous voulons défendre le secteur automobile comme nous l’avons fait pour le secteur de l’aérospatiale, le secteur du pétrole et du gaz, a-t-il dit. En 2008-2009, nous avons réalisé que la situation était très précaire. Le précédent gouvernement, conservateur, a procédé à des investissements majeurs. Cela ne concerne pas seulement les travailleurs de l’auto, mais aussi les fournisseurs, les concessionnaires : 500 000 emplois directs ou indirects sont liés au secteur de l’auto », a soutenu le ministre fédéral du Développement économique.


Dans un communiqué, le ministre Bains rappelle par ailleurs que son gouvernement mise sur « le développement et la fabrication de la voiture du futur », à émission zéro, tout en admettant que ce plan « ne puisse pas atténuer la souffrance des gens d’Oshawa ».


Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique fédéral en matière de développement économique, Brian Masse, a rappelé que « pendant des années, les néo-démocrates, les syndicats et les constructeurs automobiles ont demandé aux gouvernements libéraux et conservateurs une “stratégie pancanadienne pour l’automobile” (...) afin de s’assurer que les chaînes de montage et les processus manufacturiers s’adaptent aux besoins changeants de l’industrie manufacturière ».


« Les gouvernements successifs, incluant le gouvernement libéral de Justin Trudeau, ont ignoré ces appels et aujourd’hui, le gouvernement se trouve à court d’options pour affronter cette crise », a soutenu le député ontarien de Windsor, une autre ville qui dépend beaucoup du secteur automobile.


« La semaine dernière, le gouvernement de Justin Trudeau a offert aux entreprises comme General Motors 14 milliards $ en congés fiscaux, en disant que cela garantirait que nos emplois resteraient au Canada, poursuit M. Masse. Aujourd’hui, nous voyons à quel point le gouvernement libéral ne comprend pas ce à quoi les gens sont confrontés. »


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