L'avenir du Cirque du Soleil passe par la Chine, soutient son PDG

Publié le 23/01/2018 à 11:04

L'avenir du Cirque du Soleil passe par la Chine, soutient son PDG

Publié le 23/01/2018 à 11:04

Par Martin Jolicoeur

La rentabilité future du Cirque dépendra des succès qu'il espère créer en Chine, soutient Daniel Lamarre, son président et chef de la direction.

Alors que le Québec poursuit sa mission économique en Chine, le Cirque de Soleil affirme que son avenir, sa croissance future, proviendra essentiellement de ce pays.


Déjà, estime son président et chef de la direction, la Chine sera responsable en 2018 de 15% des bénéfices de l’entreprise. «Cela, après seulement deux ans de démarches, s’étonne Daniel Lamarre. Et d’ici cinq ans, si la tendance se maintient, cette part devrait encore doubler pour représenter plus de 30% des profits.»


Le grand patron du Cirque du Soleil s’exprimait ainsi, en marge d’une conférence qu’il présentait lundi devant Le Cercle canadien de Montréal. Quelques 400 membres de l’organisme d’affaires s’étaient déplacés pour l’écouter à l'hôtel Sheraton.


Depuis le mois d’octobre dernier, le Cirque présente le spectacle Kooza au public chinois. Après avoir passé deux mois à Shanghaï, puis deux mois à Beijing, le cirque entamera en mars la présentation de ce même spectacle à Shenzen. Quatre autres grandes villes du pays suivront par la suite, à raison de deux mois par ville.


Pendant ce temps, le Cirque s’affaire aux derniers préparatifs en vue de la présentation d’un deuxième spectacle, cette fois à Sanya, une populaire destination vacances en Chine. Baptisé Toruk, le spectacle inspiré du film Avatar de James Cameron, a nécessité la construction d’un aréna de 3500 sièges, équipement qui fut complété «en 88 jours », n’a pas manqué de souligner M. Lamarre.


Un nouveau spectacle permanent


«La patience est probablement la qualité la plus importante en Chine. (…) Ils veulent prendre le temps de bien créer un climat de confiance. Si vous ne respectez pas le temps, ils ne vous respecteront pas.» En s’appuyant sur son expérience, Daniel Lamarre soutient que lorsque la confiance est établie, les Chinois sont capables d’une grande rapidité d’exécution.


Toruk doit demeurer treize semaines dans la station touristique de Sanya, alors que ce genre de production ne s’installe généralement qu’une semaine par ville ailleurs dans le monde. Jusqu’à présent, le Cirque a présenté des spectacles dans 60 pays à travers le monde.


Des discussions sont actuellement en cours actuellement afin que le spectacle de Sanya et son aréna, entièrement démontable, entament ensuite une tournée à travers le pays.


Enfin, le Cirque est à préparer l’implantation d’un premier spectacle permanent en Chine, comme il le fait depuis des années à Las Vegas. Ce premier spectacle permanent du Cirque en Chine sera monté à Hangzhou, «à environ 1h30 de train de Shanghaï». Les représentations doivent débuter au début de 2019, soutient la porte-parole Marie-Hélène Lagacé.


Des bureaux à Shanghaï


Le Cirque ne risque-t-il pas, à ce rythme, de saturer le marché ? «Oh que non», rétorque Mme Lagacé. À titre de comparaison, le Cirque produit actuellement dix spectacles différents aux États-Unis. Trois sont en tournée dans différentes villes et sept sont présentés en permanence à Las Vegas.


Quoi qu’il en soit, toute cette effervescence a mené le Cirque à devoir ouvrir des bureaux à Shanghaï, où une cinquantaine de personnes travaillent déjà. En plus de ces derniers, dédiés au soutient administratif et logistique du Cirque en Chine, l’entreprise compte quelque 300 autres employés et artistes de nationalité diverses sur le territoire chinois.


C’est de ce pays, affirme M. Lamarre, que viendra la croissance de l’entreprise pour les prochaines années. «Le Cirque a fait de la Chine sa première priorité. Si c’est la priorité du Cirque, ça doit aussi être ma priorité, a expliqué M. Lamarre, juste avant de s’envoler pour la Chine, rejoindre la délégation dirigée par le premier ministre, Philippe Couillard.


En 2017, le président et chef de la direction du Cirque du Soleil affirme s’être rendu en Chine à douze reprises. À chaque fois, pour des séjours moyens de trois à quatre jours. On parle donc de près de deux mois ouvrables. «Il le faut. Si l’on veut croître dans ce pays, il faut que je lui consacre temps et efforts.»


Encore doubler la part chinoise


Après une période d’apprentissage, les choses semblent bien se passer pour l’entreprise montréalaise dans l’Empire du milieu. Déjà, la Chine compterait pour 15% de son bénéfice et la direction se croit en mesure de doubler à 30% cette part d’ici cinq ans.


«Mais [ces prévisions] ne sont encore que pures spéculations à ce moment-ci ;  c’est basé sur notre instinct du marché, a précisé M. Lamarre. On est en train de faire des études concrètes.»


Pour l’heure, ce dernier affirme se concentrer sur la conclusion de «quatre ou cinq» autres projets dans ce pays. Ce sont des discussions «importantes et imminentes». Leurs conclusions pourraient être proche.


Mais pas au point d’être annoncées, a-t-il précisé, dans le cadre de la présente mission économique. «J’espère que les prochaines journées seront déterminantes pour nous. (…) »  


Croissance dans Saint-Michel


«Je suis content, néanmoins, a ajouté M. Lamarre (…) Que les résultats arrivent rapidement est très sécurisant pour les nos employés de (quartier) Saint-Michel», où est implanté le siège social et créatif du Cirque du Soleil, à Montréal.


Les bureaux montréalais du Cirque compte actuellement 1300 employés, une croissance de 20% par rapport à 2015, moment où le Cirque est passé sous contrôle de l’américaine TPG Capital.


Depuis la société d’investissement, possède 60% du capital de l’entreprise, en partenariat avec le géant chinois Fosun (20%), la Caisse de dépôt et placement du Québec (10%) et le fondateur du Cirque, Guy Laliberté (10%).


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