Immigration : «des chiffres, ça s'ajuste», dit Claude Gagnon, de BMO

Publié le 10/10/2018 à 06:16

Immigration : «des chiffres, ça s'ajuste», dit Claude Gagnon, de BMO

Publié le 10/10/2018 à 06:16

Par Stéphane Rolland

Photo: courtoisie.

L’arrivée de la Coalition avenir Québec (CAQ) au pouvoir ne change rien au fait que l’immigration est nécessaire pour amenuiser les effets de la pénurie de main-d’œuvre, estime Claude Gagnon, président de BMO Groupe financier au Québec. Le banquier croit que le nouveau gouvernement ajustera ses cibles d’immigration en fonction des besoins économiques du Québec.


«Écoutez, quand quelqu’un met l’épaule à la roue, je suis partant», répond le dirigeant lorsqu’on le questionne sur les politiques de la CAQ en matière d’immigration. L’entrevue avait lieu au lendemain de l’élection d’un gouvernement majoritaire de la CAQ. «On parle de nombre. En fin de compte, peu importe le gouvernement qui est au pouvoir, c’est un gouvernement qui va devoir répondre aux besoins en matière d’immigration.»


M. Gagnon entamera à Sherbrooke jeudi une «tournée québécoise», la première depuis sa nomination au printemps dernier. Il rencontrera des membres de la communauté d’affaires et de la société civile. Le banquier reprend ainsi le bâton de son prédécesseur Jacques Ménard, un dirigeant reconnu pour son engagement social, notamment du côté de la réussite scolaire.


L’innovation, la relève et le déficit démocratique feront partie des sujets abordés au cours de la tournée. Par la force des choses, l’immigration et la pénurie de main-d’œuvre s’inviteront inévitablement dans les conversations lorsque viendra le temps de parler de la relève.


Au sujet de l’immigration, celui qui est aussi président du conseil d’administration de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) constate que les besoins des employeurs évoluent rapidement. Il souligne que le taux de chômage chez les nouveaux arrivants a diminué récemment. L’Institut du Québec (IDQ) a démontré que le taux de chômage des immigrants âgés entre 25 ans et 54 ans s’est établi à 8,7% en 2017. Dans les dix années précédentes, il avait plutôt oscillé entre 10% et 13%.


Le banquier voit en ces chiffres un exemple encourageant qui pourrait faire en sorte que le gouvernement réévalue les besoins démographiques du Québec. L’homme d’affaires ne se formalise donc pas les chiffres lancés par les différents partis en campagne. «Des chiffres, ça s’ajuste.»


À la CAQ, on s’est défendu en campagne de s’opposer à l’immigration. La promesse de réduire le nombre d’immigrants a été faite dans le but de «mieux les intégrer», ce serait une bonne chose pour les employeurs qui se plaignent de l’absence de candidat, fait-on valoir.


BMO n’échappe pas aux difficultés liées à la pénurie de main-d’oeuvre, admet M. Gagnon. Outre, les employés qui prennent leur retraite, le milieu bancaire est une industrie où l’on n’hésite pas à aller chercher les meilleurs éléments de ses concurrents. «Nous avons des postes vacants que nous tentons de pourvoir. On peine à trouver la main-d’œuvre qualifiée pour le faire.»


Faire sa part


Autre sujet de société, le dirigeant dit être préoccupé par le désintérêt des citoyens, particulièrement les jeunes, pour la chose démocratique. «La démocratie rétrécie quotidiennement à travers le monde, s’inquiète-t-il. C’est le tiers des Québécois qui n’ont pas voté.»


En quoi, est-ce le rôle d’une banque de participer à ce débat? «Je m’y intéresse, répond-il. Ce n’est pas uniquement le rôle des élus. Il faut se demander comment on peut apporter notre contribution et les aider.»


Le banquier donne l’exemple de «Je vois Montréal», devenu «Je fais Montréal». Son prédécesseur Jacques Ménard était un des idéateurs du projet. Le brassage d’idée et les projets qu’il a entraînés «ont donné des ailes aux élus, peu importe, le parti», affirme-t-il. L’intervention de la banque et de la société civile a fait en sorte que «Montréal brille davantage», selon M. Gagnon.


ALÉNA


Dans le cadre de sa tournée, le dirigeant dit avoir hâte d’entendre les entrepreneurs parler des conséquences de la signature de la nouvelle entente de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.


Qu'en pense-t-il? «Il est encore trop tôt pour quantifier ses impacts. Il y a toujours des occasions intéressantes pour le Québec grâce aux ententes de libre-échange avec l’Europe. Nous sommes bien positionnés pour être une porte d’entrée en Amérique du Nord.»


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