Nouvelle économie du carbone : le projet Valorisation Carbone Québec (VCQ) promet de belles retombées pour l’industrie

Publié le 11/05/2018 à 10:46

CO2 Solutions Inc, une compagnie québécoise spécialisée dans la capture du dioxyde de carbone, propose des solutions novatrices pour aider les entreprises à relever le défi de la nouvelle économie du carbone. Le projet VCQ offre déjà des percées technologiques prometteuses.


Depuis plusieurs années, l’entreprise CO2 Solutions élabore un procédé innovant pour la capture du dioxyde de carbone (CO2) en vue, de le réutiliser ou de le séquestrer. Des percées ont été réalisées, concrétisées dans une unité pilote opérée à Valleyfield au Québec pendant plusieurs mois à l’été 2015. Les rendements techniques ainsi que la réduction des coûts énergétiques ont surpassé les attentes, positionnant la technologie loin devant les procédés de capture de carbone conventionnels.


Mais CO2 Solutions n’allait pas en rester là : elle a poursuivi les recherches afin de réduire les coûts de son procédé afin d’accentuer son avance sur sa compétition. Aujourd’hui son unité de démonstration est érigée sur le site de Chimie Parachem, à Montréal-Est. Elle permet de capturer 10 tonnes de CO2 par jour. Fait à noter, contrairement aux procédés conventionnels de capture de CO2, celui mis au point par CO2 Solutions est environnementalement durable et ne créée aucun déchet toxique. «C’est aussi une technologie moins coûteuse que toutes celles qui existaient jusqu’à aujourd’hui. De ce fait, elle nous permet d’obtenir des produits à valeur ajoutée réutilisant le CO2 à des prix très compétitifs», explique Louis Fradette, directeur Valorisation Carbone Québec.


Une matière première essentielle


En 2017, le projet Valorisation Carbone Québec (VCQ) voit le jour et regroupe en partenariat CO2 Solutions, l’Université Laval et le Fonds verts du gouvernement du Québec. «Le but du projet est de favoriser la démonstration et le développement de solutions commerciales afin de capter et réutiliser le CO2 dans des applications de valorisation», mentionne Louis Fradette. Car même si le CO2 est l’un des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, il n’en reste pas moins qu’il constitue également une matière première essentielle pour de nombreux procédés industriels.


VCQ contribuera donc non seulement au déploiement d’usines de capture et de réutilisation du carbone en collaboration avec des industries émettrices, mais il aidera aussi à l’essor d’une nouvelle filière économique prometteuse, la nouvelle économie du carbone. On peut ainsi faire d’une pierre deux coups : réduire l’émission de gaz à effet de serre tout en créant des opportunités de réutilisation commerciale du carbone. Selon le Global CO2 Initiative, le marché mondial des produits créés à partir du CO2 recyclé pourrait dépasser les 800 milliards de dollars d’ici 2030.


«Dans un premier temps, nous avons identifié à travers le monde une centaine de technologies d’utilisation de CO2. En nous basant sur leur potentiel et leur rentabilité, des ententes ont été conclues avec les détenteurs de ces procédés afin de mettre en œuvre une démonstration de calibre international», explique Louis Fradette, directeur Valorisation Carbone Québec.


Ces technologies réutilisent le CO2 de diverses façons. Grâce à elles, on peut notamment fabriquer du gaz de synthèse, permettant de produire des carburants tels que du méthanol ou de l’éther diméthylique (DME), par exemple. Le méthanol est une sorte de molécule à tout faire qui peut servir de carburant ou être utilisé à diverses fins dans l’industrie chimique. Quant au DME, c’est un carburant qui remplace le propane et parfois le diésel.


«Nous avons également exploré la voie biologique afin de développer une autre chaîne de produits. Dans ce cas-ci, il s’agit de faire croître des organismes dans un réacteur, qui deviendront ultimement des protéines destinées à l’alimentation animale», souligne Louis Fradette. La voie de la minéralisation est aussi explorée : le CO2 est soit injecté dans le ciment pour des fins de réduction de la quantité de celui-ci dans la fabrication du béton, ou combiné à des résidus de l’industrie sidérurgique pour être transformé en ciment qu’il remplace entièrement dans la fabrication du béton.


Des partenaires de poids


Actuellement, plusieurs industries démontrent leur volonté de réduire leur empreinte carbone, et ce d’autant que la tarification carbone pèsera de plus en plus lourd dans leur budget. En travaillant sur le cycle industriel complet du carbone, VCQ leur offre des occasions d’affaires au potentiel très intéressant.


Plusieurs fournisseurs de services et d’expertise se sont d’ailleurs joints au projet au fil des mois, notamment, Hatch, Chimie Parachem, Groupe Conseil Carbone et tout récemment le géant énergétique français Total en tant que partenaire industriel. «À ce titre, Total apporte une contribution financière importante au projet. Le produit final de VCQ que sont les rapports technico-économiques rédigés par Hatch à la suite de la démonstration de chaque technologie de capture et de valorisation a attiré l’intérêt de Total. Pour cette entreprise, c’est une bonne façon d’évaluer les opportunités d’affaires qu’elle pourrait réaliser tout en accélérant ses efforts de R&D dans ce domaine», mentionne Louis Fradette, directeur Valorisation Carbone Québec.

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