Sous enquête, Facebook ne parvient pas à éteindre l'incendie

Publié le 26/03/2018 à 15:30

Sous enquête, Facebook ne parvient pas à éteindre l'incendie

Publié le 26/03/2018 à 15:30

Par AFP

(Photo: 123rf.com)

Accusé de ne pas protéger suffisamment les données de ses utilisateurs et malgré de nouvelles excuses, Facebook ne parvient pas à enrayer sa chute à Wall Street, relancée lundi avec l'annonce d'une enquête aux États-Unis.


Le régulateur américain du commerce (Federal Trade Commission, FTC) a indiqué qu'il avait ouvert une investigation sur les pratiques du groupe en matière de données privées, une annonce qui a fait immédiatement plonger le titre, qui a perdu jusqu'à 5%.


En milieu d'après-midi, il reculait de 2,70 % à 155,12 dollars. Depuis la révélation de l'utilisation par la firme britannique Cambridge Analytica (CA) des données privées de 50 millions d'utilisateurs du réseau social à des fins politiques, Facebook a perdu environ 90 milliards de dollars de capitalisation boursière.


«La FTC est fermement et entièrement décidée à utiliser tous les outils dont elle dispose pour protéger la vie privée des consommateurs», a indiqué la FTC, qui va examiner si Facebook a enfreint lois et accords.


La FTC cherche notamment à savoir si Facebook n'a pas violé un accord amiable qu'elle a signé avec lui en 2011. Elle l'accusait d'avoir «trompé» les consommateurs en leur disant à tort que leurs données étaient confidentielles alors que le réseau social les avait «partagées» de façon «répétée».


«Les entreprises qui ont conclu un accord avec la FTC doivent aussi se conformer aux règles (de la FTC) sur la protection et la sécurité des données personnelles», a pris soin de préciser la FTC lundi en guise d'avertissement. 


Cet accord amiable, dont le contenu est toujours disponible sur le site internet de la FTC, contenait huit points contre Facebook, qui s'était alors engagé à changer ses pratiques, notamment à recueillir l'accord explicite des utilisateurs quant à l'usage de leurs données et à ne plus faire de déclarations trompeuses sur la confidentialité des données.


Problème des applications tierces


Précisément, la FTC pointait le problème des applications tierces, auxquelles on accède via son compte Facebook. C'est une application de ce type qui a permis à CA de mettre la main sur les données des utilisateurs.


Alors que Facebook prétendait que ces applications externes n'accédaient qu'à une quantité de données limitée, «en réalité, ces apps pouvaient accéder à toutes les données personnelles de l'utilisateur», accusait la FTC en 2011.


La semaine dernière, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a expliqué avoir - en 2014 - «modifié entièrement la plateforme pour limiter de façon très importante la quantité de données auxquelles pouvaient accéder ces applications» tierces.


Facebook s'exposerait à des amendes s'il était démontré qu'il a enfreint l'accord amiable de 2011.


Dimanche, Facebook a aussi dû s'expliquer après que le magazine spécialisé Ars Technica a affirmé que le groupe collectait aussi des informations sur les messages textes (sms) et les appels reçus par des utilisateurs de certains smartphones fonctionnant sous Android, le système mobile de Google. 


Sur son blogue, Facebook a reconnu qu'une fonction optionnelle permettait en effet à certaines applications, comme son propre service de messagerie Messenger, d'accéder à la liste des contacts de l'utilisateur.


Cette fonction «nous permet aussi d'utiliser des informations comme les moments où un appel ou un SMS a été passés ou reçu», écrit Facebook qui assure aussi qu'elle «ne collecte pas le contenu des appels et SMS».


«Vos informations sont conservées en toute sécurité et nous ne vendons par ces informations à des tiers», assure Facebook.


Facebook fait face depuis plus d'une semaine à des enquêtes et des critiques tous azimuts, essentiellement en Europe et aux États-Unis. Mark Zuckerberg est invité par des parlementaires à venir s'expliquer devant le Congrès américain et le Parlement européen. 


Lundi, c'est le très influent sénateur républicain Chuck Grassley qui a annoncé pour le 10 avril une audition sur la protection des données à laquelle il a convié non seulement Mark Zuckerberg mais aussi Sundar Pichai (Google) et Jack Dorsey (Twitter).


Au Royaume-Uni, le siège de Cambridge Analytica a été perquisitionné dans la nuit de vendredi à samedi par le régulateur britannique des données, autorisé par la justice.


Facebook s'est offert une pleine page de publicité dimanche dans la presse britannique et américaine pour présenter de nouveau ses excuses et les «regrets» de son patron.


Le scandale pourrait coûter très cher au groupe, dont le modèle économique est basé sur les données personnelles qui permettent aux annonceurs de cibler au plus près leurs messages.


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